CONFÉRENCE De ABDERRAHMANE KHELIFA SUR LE PATRIMOINE ALGÉROIS

L’historien tire la sonnette d’alarme



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Alger, une métropole. Des vestiges témoins de son histoire, de son expansion, de son existence. Qu’en est-il aujourd’hui de ce legs ? Que va entraîner sa déperdition ? La sonnette d’alarme est tirée.

Une grande ville comme Alger existe à travers son patrimoine, un héritage qu’il faut préserver. “C’est un trésor inestimable. C’est notre carte d’identité. Chaque fois qu’une maison tombe, c’est une partie de notre identité qui part”, c’est ce qu’a déclaré l’archéologue et historien Abderrahmane Khelifa, samedi passé, à 14h, dans une rencontre au Centre scientifique et de loisirs de l’établissement Arts et culture. Dans sa conférence intitulée "Alger, histoire et patrimoine” (coïncidant avec le mois du patrimoine du 18 avril au 18 mai 2012), le conférencier a présenté un plaidoyer guère reluisant de sa ville de prédilection, Alger, et de son patrimoine en déperdition. C’est plutôt une sonnette d’alarme qu’il tire.
Des images de la capitale algérienne ont été projetées. Une manière pour l’orateur de résumer l’histoire patrimoniale de cette ville ; des Phéniciens jusqu’à la colonisation française, en passant par les Romains, les Vandales, les Byzantins, l’arrivée des musulmans, et l’occupation turque.
Un historique pour démontrer que cet héritage ne date d’aujourd’hui, mais qu’il remonte à plusieurs millénaires, qu’Alger a toujours été habitée, traversant le temps et les civilisations. Il a marqué différentes haltes historiques, les plus importantes, dans la vie de cette ville, qui au départ était petite, mais n’a eu de cesse de s’agrandir et de prendre de l’ampleur.
Pour lui, toutes les occupations sus-mentionnées ont laissé des traces à travers les différents bâtis et autres vestiges marquant ainsi leur passage. Mais, beaucoup ont disparu avec la colonisation française. En 1830, il y avait plus de 300 maisons, 11 mosquées, des palais, plus de 175 fontaines. Bon nombre avaient été saccagés pour loger les militaires français. D’autres modifiés, voire détruits puis rebâtis, comme c’est le cas de la mosquée Ketchaoua. “L’occupant français, au lieu de construire une ville à côté de celle qui existait, il a construit à l’intérieur”, détruisant tout sur son passage.
Pour preuve, les sites découverts au niveau de l’actuelle place de Martyrs lors des travaux du métro d’Alger. Des vestiges remontant à l’époque romaine. “Une preuve qu’Alger a été transformée.” Pour étayer ses propos, il est revenu sur les contours et les limites de cette ville avant l’occupation française, montrant ce qui a été saccagé, comme les quelques portes d’Alger (elle en a cinq)…
L’autre point abordé par Abderrahmane Khelifa c’est la Casbah d’Alger qui est en train de s’effondrer (des maisons qui tombent en ruine, des façades lézardées, les ruelles défoncées…), et les quelques vestiges qui tentent tant bien que mal de tenir, à l’image de l’aqueduc du val d’Hydra ou le rempart de la Citadelle au niveau de Bab Djedid dont un pan s’est effondré. Image à l’appui, il a affirmé qu’il est plus qu’urgent d’y remédier dans les plus brefs délais. “Si la Citadelle tombe que restera-t-il d’Alger ?” s’est-il interrogé.
Pour lui, “rien n’est fait pour sauvegarder la Casbah, il y a péril en la demeure.” Il déplore que les bâtisses qui s’étaient affaissées n’aient pas été reconstruites. Elles ont été, pour certaines, remplacées par des placettes.
À propos du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la Casbah d'Alger, il a déclaré : “On fait des textes. (…) Un texte ne vaut que par son application !”


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