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«Co-construire des programmes de formation entre l’université et l’entreprise»



- Quid du contexte du lancement du projet Tawdif ? Le projet a été discuté en 2016 suite à une visite du directeur général du Bureau international du travail en Algérie. Les autorités du pays ont soulevé la situation actuelle des universitaires et relevé le taux de chômage élevé chez cette frange pour laquelle on s’attend qu’elle soit outillée   pour trouver rapidement du travail. Or, ce n’est pas le cas avec un taux de chômage de 17,6% en avril 2017. Il nous a été donc demandé d’apporter un appui technique pour voir quelles mesures à mettre en œuvre pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés universitaires. C’était particulièrement dirigé vers cette tranche de population - Justement, quel apport pour le projet dans ce cadre ? Le projet ne va pas immédiatement impacter le taux de chômage.  Il va proposer des contenus à certaines formations, des dispositifs d’accompagnement ainsi que des outils d’analyses et d’enquêtes aux principaux acteurs notamment le institutions pour qu’ils puissent eux même aligner leurs approches, développer leurs outils et avoir un impact plus important et immédiat sur la situation de l’emploi des jeunes. Donc, il s’agit de proposer de tester, d’adapter et de valider de nouveaux outils. Nous le faisons au niveau de trois wilayas, Bejaia, Biskra et Tlemcen. L’objectif par la suite est de pouvoir (si ces outils sont validés) les approprier par les différents acteurs pour les déployer plus largement au niveau des universités, des différentes wilayas et des agences de l’ANEM pour avoir un impact. Par contre, le projet dans sa phase de test va toucher un ensemble de 10.000 jeunes d’ici à fin mars 2019. On est actuellement en phase de test donc l’objectifs est de pouvoir tester des nouveaux contenus de cours et des dispositifs techniques de recherche d’emploi. - Quelle stratégie pour le projet ? On pourrait croire que notre projet vise à revoir les programmes de formations à l’université. Plusieurs programmes de coopération se sont attelés à cela de manière assez verticale et assez intensive pour co-construire des programmes de formation avec les entreprises. Mais le projet Tawdif veut aussi sortir de l’université et s’adresser à l’ensemble du monde socioéconomique et de l’écosystème. Bien sûr, nous considérons que revoir les formations c’est très important et nous travaillons sur la définition de formation de reconversion plus pour les jeunes au chômage pour pouvoir les réintégrer sur le marché du travail. Mais, nous considérons qu’avant de pouvoir définir les offres de formation, il faut d’abord évaluer les besoins du monde socioéconomique.  Pour comprendre ces besoins, il faut pouvoir analyser et rencontrer ces acteurs. Il faut aussi que les entreprises s’expriment. Dans ce cadre, l’ANEM a servi de lien, d’intermédiaire et s’est déplacée au niveau des trois régions pilotes pour demander aux entreprises quels sont leurs besoins. C’est une initiative que le projet Tawdif soutenu techniquement en préparant les questionnaires et en soutenant les équipes de l’ANEM pour effectuer les enquêtes. Nous les avons soutenus également au niveau de l’analyse des rapports pour rapprocher et comprendre les besoins. Ensuite, il ne suffit pas d’avoir ces besoins listés, il faut ensuite les discuter entre les différents acteurs pour pouvoir élaborer des solutions adéquates d’où la collaboration nécessaire entre l’université et les entreprises. Il faut qu’ils puissent se retrouver ensemble autour d’une même table. Une table ronde et c’est l’activité que nous avons lancée à Bejaia et Tlemcen avec l’université mais aussi avec la formation professionnelle, la Direction de l’Emploi, l’ANEM et un représentant des travailleurs. Ils ont repris les résultats de l’enquête et approfondi avec l’entreprise. Ils ont identifié des besoins spécifiques pour pouvoir construire des formations de reconversion courtes. Les activités du projet sont liées et se suivent l’une après l’autre. Elles sont élaborées de façon participative. Les formations de reconversion peuvent aussi être élaborées par la formation professionnelle. Ce lien entre l’université et l’entreprise il ne faut pas le voir uniquement comme exercice ponctuel pour déterminer les formations. Il faut le pérenniser. - Comment ? Le monde évolue rapidement, les technologies aussi. Pour cela, il faut que l’université puisse s’adapter à cette évolution et rester en contact permanent avec ce monde socioéconomique qui l’entoure. Dans le plan d’action du gouvernement, un des axes principaux, c’est l’amélioration des performances de l’université et l’ouverture sur son environnement. Nous sentons lors des contacts que nous avons la priorité de l’enseignement supérieur et la question de l’employabilité des universitaires. Nous sentons que le gouvernement a cette volonté d’institutionnaliser cette relation entre l’université et le monde socioéconomique à travers le bureau de liaisons université –entreprise. Pour le moment, c’est un  dispositif qui relève d’initiatives individuelles et nous soutenons la proposition de l’institutionnaliser - Qu’en est-il des autres phases ? L’aspect qui est aujourd’hui peu développé à côté de la formation qui est technique, c’est l’orientation des jeunes vers les débouchés professionnels. Il est important d’orienter les jeunes le plutôt possible avant l’université, sensibiliser les jeunes dès l’école. Quel métier choisir, quel avenir ? Vers quelles études s’orienter ? Le projet prévoit dans ce cadre de mettre en place un groupe sectoriel. Il va travailler pour mettre en place un groupe intersectoriel entre le ministère du travail et l’enseignement supérieur pour lier les offres du travail avec les métiers. Avec les nouveaux référentiels, nous avons la liste des offres de formation. La première étape donc c’est le lier les deux pour mieux orienter les jeunes. Une première initiative a été prise à l’université de Tlemcen avec l’organisation de tutoring aux nouveaux bacheliers avant même l’inscription définitive pour les orienter sur les choix de formation. Nous travaillons aussi sur l’orientation pendant les études, une orientation qui a aujourd’hui un impact limité en raison de l’importance des effectifs des étudiants avec des spécialités très variées. Pour pouvoir orienter les uns et les autres, il faudrait avoir des structures décentralisées. Là aussi, les bureaux et les centres de carrières ont un rôle à jouer mais ils ne sont pas encore développés.  Et c’est prévu justement i dans le projet. Maintenant, la réforme est en phase pour institutionnaliser cette relation. Dans ce cadre, la volonté est bien exprimée. Il y aura prochainement des réformes. Nous travaillons déjà avec les initiatives qui existent en les renforçant sur les techniques de recherche d’emplois.  Nous avons d’ailleurs un guide que nous avons adapté ici et nous avons des formateurs qui organisent des ateliers pour sensibiliser les étudiants sur les moyens de recherches d’emplois et comment faire le projet professionnel. Il y a un deuxième plan très important c’est la sensibilisation à l’entreprenariat au sein des universités. Le projet propose un nouveau cours dans ce cadre pour responsabiliser les étudiants es enjeux et comprendre le cadre économique et législatif algériens dans ce domaine mais aussi identifier les créneaux à travers une auto évaluation que les jeunes pourraient apprendre via le programme du projet. Nous travaillons sur l’esprit entrepreneurial. L’idée c’est d’essayer de mettre en place un programme au sein du cursus universitaire pour que l’étudiant puisse être en contact avec l’entrepreneuriat dès le début de son parcours universitaire. C’est ce qui fait la différence avec les autres programmes. En fait, nous nous adressons tout simplement à d’autres acteurs, en plus que l’Etat : aux jeunes, à l’université et au monde de la formation. Nous focalisons aussi  sur  l’entreprise qui ne doit pas attendre pour exprimer ses besoins. Elle doit participer avec l’université pour pouvoir élaborer de meilleurs programmes. - Mais les dysfonctionnements sont nombreux au sein des entreprises… D’où un autre axe du programme : la mise en place d’une académie des ressources humaines. Nous travaillons avec la CGEA dans ce cadre en vue d’améliorer les pratiques transversales, les ressources humaines, la politique de recrutement et l’importance d’identifier les talents. Il y a au total 16 activités dans le projet.  Nous allons faire un diagnostic sur la pratique des stages et sur la mise en place des réseaux. Nous essayons d’actionner certains leviers. - Quels sont les secteurs ciblés via ce projet ? Vu les dynamiques régionales, chaque région a ses caractéristiques. C’est pour cela, qu’il est nécessaire de faire une analyse du marché et d’identifier les besoins.  Ce qui devrait se faire au niveau local. Dans ce cadre, nous agissons, à côté des tables rondes entreprises universités,   sur la réactivation des comités de wilayas de promotion de l’emploi. C’est un dispositif adéquat coordonnée par les walis qui regroupe les représentants de tous les secteurs, et les responsables publics des politiques sectorielles. Ils ont aussi leur vison sur les besoins des secteurs et ont un avis à donner. C’est nécessaire de les consulter pour   l’identification prioritaire des compétences. A ces deux niveaux, nous avons des consultants qui organisent des tables rondes.  Nous l’avons   fait à Béjaïa et Tlemcen avant de passer à Biskra. Nous insistons beaucoup sur la communication.  Les mesures seront généralisées à la fin du projet. Encore une fois, ce projet vise à tester de nouveaux mécanismes qui, une fois testés et validés par les parties prenantes, seront déployés. La volonté y est - Et après l’orientation ? Là aussi nous travaillons sur les clubs de recherche d’emploi. Nous accompagnons les diplômés qui sont à la recherche de travail à travers des sessions de formation. Ce dispositif a fait ses preuves dans de nombreux pays et on le teste ici. Il y a d’ailleurs de l’engouement. C’est  un exemple de partenariat entre l’université et l’ANEM. L’université accueille les diplômés à cet effet   C’est un signal important qui montre que l’université se soucie de l’avenir de ses étudiants. Nous avons déjà inauguré les clubs et Tlemcen et Béjaia. - Comment expliquer le taux de chômage élevé des universitaires ? Pour le taux de chômage élevé des universitaires, je pense qu’il y a deux grandes sources à étudier. La première c’est celle qui revient régulièrement concernant l’adéquation entre les besoins du monde du travail et la formation. La deuxième c’est le genre. La raison pour laquelle le taux de chômage est plus élevé dans l’université par rapport à la formation professionnelle par exemple, c’est qu’il l y a plus de femmes à l’université et plus d’hommes à la formation professionnelle. Ce sont les femmes qui poussent le taux de chômage à l’université vers le haut parce que de manière générale, la participation économique des femmes est beaucoup plus faible que celle des hommes et elles sont plus représentées à l’université. Mais cette question du genre n’est pas liée à l’université. C’est un problème transversal. C’est la question fondamentale de la participation économique de la femme qui touche par contre plus l’université que les autres secteurs.  Cela ne veut pas dire que c’est l’université qui est mauvaise. Ce qui est important à souligner. Sue ce point, parlons-en. C’est une dimension que le projet prend en compte. Il  y a des facteurs de sociétés et des facteurs culturels qui expliqueraient ce faible taux de la participation économique de la femme ; Il y a aussi certaines conditions de réserves qui sont exprimées par la femme. Pour cela, les entreprises doivent mettre en place les conditions nécessaires pour attirer les femmes vers le marché du travail et  c’est un axe qu’on va prendre en charge dans le cadre des centres de carrières. C’est une force de travail importante en Algérie à ne pas négliger. C’est 66% des sortants de l’université.


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