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Les opérateurs économiques s’impatientent



Les opérateurs économiques des secteurs touchés par l’interdiction d’importation de certains intrants, nécessaires à leur activité de fabrication, attendent avec impatience la mise en œuvre de la décision de levée du gel annoncée récemment par le ministère du Commerce. Ayant déjà prévenu contre les conséquences de l’interdiction d’importation des arômes sur la production, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB), Ali Hamani, se dit impatient de voir la levée de l’interdiction effectivement mise en application. «Nous sommes en phase d’inquiétude et on souhaite que cette décision de levée d’interdiction soit appliquée le plus rapidement possible», nous dit M. Hamani. Selon lui, la suspension qui frappe l’approvisionnement en intrants ne touche pas uniquement le secteur des boissons, mais plutôt l’ensemble de la filière agroalimentaire qui se voit aujourd’hui privée de matière première indispensable et non disponible localement. «Les stocks sont en rupture dans certaines unités et les travailleurs de beaucoup d’entreprises de production de boissons risquent de se retrouver au chômage technique avant de se retrouver au chômage tout court à la veille du mois de Ramadhan», souligne le président de l’APAB. Et d’affirmer que certaines chaînes de production «sont déjà à l’arrêt ou travaillent à mi-temps en raison de l’indisponibilité des arômes sur le marché local». Pour l’heure, la nouvelle liste négative de laquelle les intrants ont été retirés n’a pas été rendue publique officiellement, mais le président de l’APAB révèle qu’il a été contacté par le ministère du Commerce pour qu’il lui transmette la liste des entreprises souhaitant importer des arômes et les quantités souhaitées. Les autres intrants ciblés par la levée d’interdiction à l’importation concernent la fabrication du plastique. Sur ce point, le président du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (Ceimi), Kamel Moula, souligne qu’il a toujours milité «pour que les producteurs du secteur aient toute la latitude de s’approvisionner à partir des marchés qu’ils veulent, en ce sens que ce sont eux les seuls à même de savoir les quantités d’intrants dont ils ont besoin et la qualité qu’ils leur faut». Selon lui, l’interdiction d’importation des intrants «a été décidée vraisemblablement par erreur» au vu des innombrables préjudices qu’elle engendrerait et qu’on pouvait aisément prévoir. Quant à la disponibilité de certains intrants sur le marché local, le président du Ceimi précise que «les fabricants algériens optent toujours pour le produit local, à condition que ce produit réponde aux normes». Il convient de rappeler que le ministère du Commerce a annoncé, la semaine dernière, qu’une soixantaine de produits seront retirés de la liste de ceux interdits à l’importation, totalisant actuellement quelque 1000 produits, auxquels s’ajouteront une quarantaine d’autres issus des industries du verre et de l’aluminium. Pour ce qui concerne les soixante produits qui feront l’objet de retrait de cette liste, le même responsable a indiqué qu’il est question essentiellement d’intrants nécessaires à la fabrication du plastique, ainsi que les arômes alimentaires, dont l’interdiction a engendré des problèmes d’approvisionnement aux producteurs de boissons.


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