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Dysfonctionnements, incompréhensions et promesses de rectifications



Cafouillage, incompréhensions et mécontentements entourent le dossier de restriction des importations qui fait l’objet à chaque fois de nouvelles annonces à la faveur des changements opérés dans la liste soumise à une évaluation régulière. Une situation qui n’est pas sans inquiéter les opérateurs économiques. C’est l’instabilité. On ne peut rien prévoir. A chaque fois, on annonce de nouvelles mesures», se plaignent les industriels, notamment ceux rencontrés lors de la dernière édition du Salon international de l’industrie agroalimentaire (Djazagro). Un Salon auquel des entreprises étrangères, habituées à y participer depuis une quinzaine d’années, ont fait le choix de ne pas venir en raison de la suspension de 851 produits à l’importation, selon les organisateurs. Mais au pavillon national, les entreprises étaient au rendez-vous, en dépit de la conjoncture actuelle. Elafruit, une entreprise spécialisée dans l’élaboration et la préparation des fruits destinés à l’agroalimentaire, a été impactée par ces aménagements et ces mesures de restriction des importations. C’est ce que nous dira le directeur commercial de cette société, qui ajoutera : «Tous ceux qui travaillent dans l’agroalimentaire ont été touchés, notamment après l’interdiction d’importation des arômes.» D’ailleurs, depuis la levée de cette interdiction suite aux sollicitations des opérateurs économiques, notamment l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB), «nous avons travaillé avec les stocks disponibles et nous continuons à le faire puisque la décision de reprendre l’importation, certes annoncée, n’a pas encore été signée. Elle le sera incessamment», nous dira le directeur commercial d’Elafruit, avant de relever : «Il faut le reconnaître, le cœur aromatique n’est pas produit en Algérie. C’est un savoir-faire que les Européens ne veulent pas transmettre.» Pour ce fournisseur de matières premières entrant dans la production de yaourts, boissons, biscuits, glaces et autres, ces restrictions, qu’il qualifie de «blocage», n’ont fait que freiner l’activité au sein de nombreuses filières industrielles, pas seulement l’agroalimentaire, mais aussi dans les filière bois et céramique. Ce qui a engendré une baisse sensible de l’activité. L’Association des céramistes algériens (ACA) a d’ailleurs interpellé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, sur la situation de cette filière d’activité depuis l’interdiction à l’importation de deux intrants. Ce que notera pour sa part le représentant de COAL-UBI, qui intervient dans la production des farines spéciales et l’importation des intrants destinées aux boulangeries. Il y a eu de la cacophonie au début. L’information autour de ce dossier a très mal circulé et non expliquée. Ce qui a engendré une perte sèche à de nombreux opérateurs. «L’approche doit être rationnelle. Il y a lieu d’abord de quantifier les besoins du marché avant de passer aux restrictions, d’autant plus que nous n’avons pas encore une production concurrentielle», estime notre interlocuteur. Pour ce dernier, il aurait fallu penser à des solutions intermédiaires. Par exemple, surtaxer les importations de produits qui sont fabriqués localement. «De cette manière, on assurera des recettes fiscales supplémentaires et on instaurera un climat de concurrence», poursuit le directeur commercial de COAL-UBI. Une option à adopter, selon lui, en attendant de mettre le paquet sur la production locale. «Il y a moyen de le faire à condition d’avoir une réelle volonté politique de mettre en place une économie saine et productrice», notera-t-il dans le même sillage. Pertes d’emplois, baisse de productivité… Ce que soulignera pour sa part, Slim Othmani, le PDG de NCA Rouiba et porte-parole du cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE). Pour ce dernier, adopter une liste d’interdictions à l’importation n’est pas la solution idoine pour réduire la facture. «La solution la plus appropriée est de dévaluer encore le dinar, augmenter les taxes douanières et en dernier lieu adopter une méthode de droit douanier par destination. C’est à dire fixer le taux en fonction de la destination du produit importé (transformation industrielle ou revente en l’ état) pour permettre à l’économie de tourner et mettre en place graduellement la vérité des prix», propose Othmani, pour qui cette liste n’a fait qu’entraver le fonctionnement du tissu industriel, engendrant des pertes, même si aucun bilan n’a encore été dressé pour l’heure. «Certes, il y a une baisse de la facture d’importation, mais elle reste minime par rapport aux aspirations et en comparaison avec la perte d’emplois, les recettes fiscales, la productivité et la compétitivité», résume le patron de NCA Rouiba, plaidant carrément pour la suppression d’une telle décision. Une décision qu’il qualifie d’«autoritaire». «Comment un industriel peut-il survivre dans cette instabilité juridique et cette baisse du pouvoir d’achat causée essentiellement par la baisse de l’activité économique, quand le gouvernement s’enferme dans des décisions autoritaires», s’interrogera-t-il par ailleurs. Cette situation n’a pas empêché certains exportateurs, dont les produits ne sont plus autorisés à pénétrer le marché national, de tenter de se repositionner en Algérie, notamment pour les pommes. Dans le cadre de la coopération Algérie-Union européenne (UE), un programme de promotion en faveur de la viande bovine européenne sur le marché algérien sera lancé cette semaine à Alger. Des opérateurs européens y sont attendus afin d’explorer le marché et de discuter des opportunités d’affaires avec les professionnels algériens de la filière de la viande bovine. En effet, dans le cadre des missions de prospection de nouveaux marchés en Afrique, notamment l’Algérie, pour son potentiel de consommation des denrées alimentaires. C’est le cas également pour les pommes, à travers l’initiative «Apples From Europe», qui appuie un groupe polonais pour l’exportation de pommes vers l’Algérie. «Nous savons que les pommes ne sont plus importées. Mais nous voulons être les premiers à reprendre le marché quand l’interdiction sera levée. La situation peut changer», nous dira la représentante d’un exportateur polonais qui a participé à Djazagro et au Salon dédié à l’agroalimentaire organisé précédemment à Oran en mars dernier. C’est dire que même les opérateurs étrangers sont convaincus du caractère provisoire de ces mesures, même si certains trouvent les moyens de contourner ces décisions via des techniques, comme nous l’expliquera Brahim Guendouzi, spécialiste en commerce extérieur. Parlant d’une forme de protectionnisme qui a engendré des mécontentements chez les partenaires étrangers et les importateurs,  M. Guendouzi estime qu’il y a lieu de changer la méthode de travail dans le traitement de ce dossier en associant les organisations professionnelles. Ouyahia rectifie le tir C’est ce que le ministère du Commerce fait, selon les différentes déclarations. «Nous rencontrons les acteurs des différentes filières pour voir ce qu’il y a lieu de rectifier à chaque fois pour ne pas perturber la machine productive», avance-t-on à ce niveau. D’ailleurs, même le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, l’a avoué lors de sa dernière conférence de presse. Il a affirmé que le décret relatif à la liste des produits interdits d’importation «contient certains dysfonctionnements qui seront corrigés», ajoutant que «le gouvernement œuvrera à leur rectification». «Nous avons pris la décision d’arrêter l’importation de certains produits finis, cependant nous avons découvert que la liste nécessite des précisions, du fait que certains produits qui constituent des intrants pour l’industrie locale ont été inscrits dans la liste des produits interdits d’importation (...). Cette erreur sera corrigée», s’est-il engagé. «L’opération de révision de la liste des produits interdits d’importation se fera tous les 3 ou 6 mois. A chaque fois que nous aurons réalisé une autosuffisance dans un produit, il sera ajouté à la liste», précisera-t-il encore. Auparavant, le 12 avril, le nouveau ministre du Commerce, Saïd Djellab, qui a eu à gérer ce dossier avant de remplacer Mohamed Benmeradi a annoncé à partir d’Oran, en marge de la 5e édition du Salon de la production nationale «Mentouj Bladi» que la liste en question sera mise à jour prochainement. Le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a annoncé jeudi à Oran la publication prochaine de la liste des produits temporairement interdits à l’importation après l’achèvement de sa mise à jour. Avant son départ, Mohamed Benmeradi avait annoncé pour sa part qu’une cinquantaine de positions sous-tarifaires seront retirées de la liste des 851 produits interdits à l’importation, alors que d’autres seront ajoutés à cette liste. Et ce, en réponse aux préoccupations d’opérateurs économiques et après une évaluation trimestrielle de certains produits indisponibles. Une deuxième évaluation est attendue en juin prochain. Mais, est-ce réellement en réponse aux doléances des producteurs ? Pour nombre d’observateurs, c’est aussi une manière de céder à la pression des lobbies de l’importation. D’où cette annonce d’Ouyahia de rectifier le tir.  


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