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Ouargla

Enquête sur une catastrophe écologique tenue secrète par l’Etat.



Alors que les zones arides constituent la majeure partie de son territoire avec pour conséquences des ressources en eau renouvelable de moins de 1 000 m3 d’eau douce par habitant, selon les projections de l’Unesco en 2025, l’Algérie est en phase de faire partie des zones les plus sèches de la planète. Aussi, toutes les mesures de préservation de cette ressource est vitale pour le futur de nos générations.

Pourtant, la région de Ouargla vit une pollution d’eau sans précédent qui risque de pousser à la disparition de la nappe d’eau profonde dite du “Sahara Septentrional” qui selon les experts constitue une eau non renouvelable car le temps de son renouvellement est excessivement long.

Cet aquifère, situé entre 1 000 et 2 000 mètres de profondeur et dont la surface est équivalente à près de 2 fois la surface de la France, est partagé avec nos pays voisins que sont la Libye et la Tunisie.

A Ouargla, un forage pétrolier qui a mal tourné.

En 1978, une catastrophe écologique avec de graves conséquences environnementales a eu lieu près de Ouargla dans le sud de l’Algérie, dans le plus grand des secrets, entretenu jusqu’à nos jours.

A une trentaine de km au sud-ouest de la ville de Ouargla, et plus précisément à Haoud Berkaoui, la multinationale française Total, en partenariat avec la société nationale Sonatrach, procédait au forage d’un puits d’hydrocarbures : le puits Okn 32, qui se situe à près de 8 km au sud des installations pétrolières de la région.

Un accident a alors conduit au contact de la nappe hydrique profonde (albien) et la nappe superficielle.

En 1990, des études avaient conclus que le débit de la montée de l’eau albienne s’estimaient entre 2500 et 2800 m3 par heure, quantité d’eau potable nécessaire à une ville d’environ 300.000 habitants !

L’eau qui remonte passe par la couche de sel bloquée dans le sol et arrive avec un taux de 275 g/l, l’équivalent de celui de la mer Morte.

Elle se mélange avec l’aquifère de surface rendant l’eau tirée pour les besoins domestiques et l’agriculture impropre avec plus de 20g de sel/litre.

Aujourd’hui encore, les analyses officielles donnent des eaux d’une salinité d’environ 3 grammes/litres à Ouargla, malgré un plan d’urgence a été mis en place par el gouvernement pour améliorer l’alimentation en eau potable déminéralisée .

Comme l’avait rapporté Algeriepart dans une de ses éditions, les habitants de Ouargla continuent toujours d’acheter de l’eau potable à 100-150 DA par jour alors que des ressources avaient été mobilisés pour lutter contre l’eau salée qui pollue les nappes phréatiques de la région …

L’irruption de l’eau à travers la couche de sel qui sépare les deux nappes a alors provoqué le 26 Octobre 1986, après dissolution du sel, un effondrement de terrain.

Cet affaissement de terrain s’est produit entre 450 et 600 m de profondeur dans ce champ pétrolifère à Haoud Berkaoui créant un cratère de 80 m de profondeur et de près de 200 m de diamètre.

Quelques mois plus tard, au printemps 1987, le cratère s’est étendu au puits pétrolier voisin OKN-32 bis. L’effondrement avait grossi à 320 m de diamètre. Depuis cette date, le cratère continue sans cesse de s’étendre, avec des conséquences écologiques majeures sur la région de Ouargla.

Les photos satellite du montrent un diamètre dépassant les 350 m et la progression est d’un mètre par an environ, car rien de vraiment déterminant n’a été fait pour colmater définitivement l’écoulement.

La zone d’Haoud Berkaoui fait partie de ces zones d’exclusion instaurées par l’Etat algérien et surveillées par l’armée.

Une totale opacité a été entretenue par le gouvernement algérien tandis que Total accusait la compagnie nationale d’avoir failli : “On a essayé de mettre en place des mesures de sécurité en utilisant de la baryte mais Sonatrach s’occupait de la logistique et nous l’a livrée 15 jours trop tard”, affirmait en 1999 l’ancien responsable de la zone…

Des experts qui tirent la sonnette d’alarme

Saïd Akretche (ex directeur de Naftal) et Lynda Okbi de la Sonatrach publient en 1995 une étude dont laquelle ils notent l’apparition : ”d’une cavité d’un volume de 37 millions de m3, 71 millions de tonnes de sel dissous et une augmentation constante de la teneur en sel dans la saumure”,

Dans cette étude ils notent toutefois que malgré une stabilisation de la cave souterraine et une régression du lessivage du sel, le cratère va augmenter de surface…

En 2005, Izri Nadir et Skander Karim Simbel avaient déjà affirmé lors d’un colloque International sur les Ressources en Eau Souterraines dans le Sahara :

”Le lessivage du sel s’est fortement atténué, par suite de l’éloignement du front de dissolution du sel pur à environ 300 m de l’axe du puits. De ce fait, les dimensions de la cave existantes se sont stabilisées. Le diamètre du cratère initialement de 200m environ, est actuellement de 400 mètres environ et ce après 19 années d’évolution du phénomène.

Cependant, Peut-on courir le risque et “ laisser faire la nature ” et faire confiance aux résultats de toutes les études et mesures réalisées à ce jour et qui prévoient une atténuation naturelle du phénomène et une stabilisation du cratère après avoir atteint un diamètre de 1200m (source étude EUROSIM).

Cette atténuation possible du phénomène n’arrêtera sans doute pas, l’ascension des eaux. Ou bien, doit-on intervenir pour tenter d’intercepter la source de l’éruption d’OKN32, stopper l’écoulement et par là, épargner d’une pollution minime soit-elle, les aquifères de surface et enfin, sauver d’une déperdition certaine, les eaux profondes très précieuses de l’Albien et du Barrémien’’

Une autre catastrophe similaire

Ce tragique épisode n’est pas singulier, en effet un autre forage pétrolier du puits sec : ZCR1, situé à 18 km de Ouargla, avait été reconverti en puits producteur d’eau potable par exploitation des ressources de la nappe albienne pour les besoins de l’agriculture.

En Février 1991, suite à des manœuvres de réparation, un nouvel accident a mis en contact, comme pour le puits OKN32, les eaux profondes avec les couches de sel.

Sollicitée par la Direction de l’hydraulique en décembre 1991, Sonatrach a lancé des études sur l’évolution et les risque du puits dont l’eau était devenue salée après quelques mois.

Les conclusions de ces études ont fait ressortir que la cave avait un diamètre de 150 m avec un volume dépassant les 520.000 m3 ! Les experts préviennent que malgré l’étouffement du puits, le risque d’un effondrement est à prévoir…

C’est dans ce contexte que la Sonatrach a pré-qualifié, le 27 février dernier les sociétés Schlumberger et Geostock afin d’assurer une assistance technique sur ces phénomènes d’effondrement et de cavités souterraines des puits OKN-32 et ZCR-1.

Pourquoi aucune information sur ces catastrophes écologiques n’a jamais réellement filtré ?

Pourquoi ni le Sénat, ni l’Assemblée Nationale n’ont jamais enquêtés sur les risques de pollution générée par l’exploitation pétrolière et gazière dans notre pays ?

Tenir l’opinion publique à l’écart ne peut que renforcer la suspicion et une contestation rendue légitime par rapport au dossier de l’exploitation du gaz de schiste…


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