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Avec moi, toutes les injustices issues de la décennie noire seront réparées



Né le 20 juillet 1973 à Alger, Fethi Gharès a grandi entre La Vigie (Rais Hamidou) et Bainem. Diplôme en agronomie de l’université de Mostaganem, il intègre le MDS en 1998 et devient son porte-parole lors du congrès de 2013. Employé chez Saidal, Fethi Gharès a décidé de démissionner récemment de son poste pour se consacrer à la campagne présidentielle, dont il est le premier candidat annoncé jusque-là.

Il est le premier candidat déclaré pour la prochaine présidentielle de l’histoire du Mouvement démocratique et social (MDS), héritage politique du PAGS dont l’histoire de la lutte remonte à plusieurs dizaines d’années. Fethi Gharès, 45 ans, a accepté de répondre aux questions d’El Watan Week-end.

 

Quel message voulez-vous faire passer en choisissant Ramka (Relizane), ce lieu chargé d’histoire, comme point de départ de votre campagne électorale ?

J’ai choisi Ramka, lieu de mémoire, pour rendre d’abord un hommage aux martyrs victimes du terrorisme et puis pour dire aux Algériens qu’avec moi comme président, toutes les injustices issues de la décennie noire seront réparées.

Je parle ici de celles qui touchent à notre mémoire (martyrs du terrorisme et disparus) comme celles en lien avec le présent, subies par les patriotes, les gardes communaux, les GLD, les blessés de l’ANP, les rappelés, etc.

L’Algérie doit régler ce genre d’histoire pour passer à autre chose. Savoir tourner les pages malheureuses de notre histoire, c’est aussi ce qui nous permettra de préserver le vivre-ensemble. Nous aspirons à un avenir meilleur. Et ce n’est qu’avec un Etat juste qu’on peut y arriver.

Pensez-vous que le changement est possible en Algérie ?

Pour moi, le changement a un contenu à la fois politique et économique. Il faut savoir que l’Algérie n’a pas cessé de changer.

Nous sommes passés du modèle développementaliste basé sur l’investissement productif et les grandes nationalisations dans les années 1970, au modèle de l’import-import et de la privatisation anarchique au début des années 1980.

Après 1988, l’Algérie a connu son «printemps» avec toutes ses conséquences contradictoires, pour en finir avec le parti unique et entrer dans l’ère de la pluralité. Il s’agit maintenant d’orienter le changement en renouant avec l’esprit des années 1970.

Il faut mettre l’Algérie dans la dynamique des pays émergents et sortir de cette situation vulnérable dont le système actuel est le seul responsable. C’est pour vous dire que ce qui est impossible, c’est de rester dans la logique du système actuel.

Le MDS a-t-il des alliés pour vous soutenir dans cette campagne ?

Je suis le candidat qui prendra en charge les aspirations des forces du travail dans le public et dans le privé, contre la spéculation et l’import-import, le candidat des aspirations pour les libertés et la justice sociale des Algériens contre l’arbitraire.

Toutes les alliances possibles vont se faire autour de ces thèmes. Mon projet est un appel à constituer un front large pour une Algérie moderne et émergente.

Pensez-vous détenir des chances devant le système politique actuel ?

La chance est déterminée par le niveau de notre engagement. Moi je dirais plutôt que si le peuple algérien décide de récupérer les urnes pour changer son sort, personne ne pourra l’en empêcher. Ainsi, pensez-vous que ce système a des chances de perdurer ?

Peut-on connaître les lignes générales de votre programme ? Comprendre ce que vous proposez aux Algériennes et aux Algériens ?

Il faut placer l’Algérie dans un modèle économique productif en boostant l’investissement public et privé et arrêter la politique du conteneur. Il faut aussi intégrer l’économie informelle en changeant la monnaie, récupérer les capitaux en fuite à l’étranger, transformer les subventions en salaires pour éviter le gaspillage, éradiquer la spéculation tout en préservant le pouvoir d’achat des Algériens, consacrer les libertés, l’égalité et la justice sociale par le droit et les faits (pratiques).

Le MDS est surtout connu pour sa double rupture avec le pouvoir et l’islamisme. Est-il encore sur cette ligne avec vous comme candidat à cette présidentielle ?

Le MDS propose un large gouvernement de travail sous la chapelle de la démocratie et de l’état de droit. Et ceci est la facette positive de la double rupture. Une négation implique toujours une affirmation implicite ou explicite. Un Etat construit autour des valeurs démocratiques et autour de la valeur du travail est l’affirmation explicite de la double rupture.

Pensez-vous que l’islamisme demeure une menace en Algérie ?

Comme avec le colonialisme, l’Algérie, par son armée et toutes les forces de sécurité comme les patriotes, les gardes communaux, les GLD et tous les Algériens qui ont résisté, étaient le rempart et la tombe au même temps de l’islamisme et de son projet théocratique en Algérie. Maintenant, il s’agit d’enterrer l’économie de la chkara, qui est une force de désintégration, de la même manière que l’a été l’islamisme.

Que représente pour vous un 5e mandat pour Bouteflika ?

Je suis le candidat du peuple. Toute candidature proposée par ce système sera faite pour sa reproduction, que ce soit un 5e ou un énième mandat. L’Algérie, durant toutes ces années, n’a pas su profiter ni de la manne financière après la flambée des prix des hydrocarbures pour son développement ni de certains avantages géopolitiques après le 11 septembre 2001 car nous étions, avant cette date, les seuls à mener la guerre contre le terrorisme intégriste.

Ce temps perdu pour la majorité était pour certains d’une rentabilité extraordinaire : plus de 200 milliards de capitaux détournés vers l’étranger, 50% de l’économie hors du contrôle de l’Etat, non sommes arrivés à 68 milliards de dollars de produits importés avec 18 milliards dollars de surfacturations chaque année !

Tout cela sans parler des atteintes aux droits et libertés ,à commencer par le printemps noir en kabylie et les 127 martyrs, les Ahmadites et autres minorités religieuses, les événements de Ghardaïa, les gardes communaux et les patriotes, les rappelés et les blessés de l’ANP, le gaz de schiste à In Salah, les chômeurs et les dépassements que subissent régulièrement les militants politiques et de la société civile. Nous avons vu dernièrement le cas du militant Salim Yezza comme un triste exemple illustrant ces dépassements.

Tout cela est le produit des années Bouteflika. L’Algérie de Ben M’hidi mérite mieux que cela.

Le MDS, avec vous comme candidat, est-il prêt à s’allier prochainement avec les partis islamistes comme l’a été le cas pour certains partis démocratiques au temps de la CNTLD ?

Le MDS propose un projet alternatif au système actuel, fondé sur des propositions qui ont pour objectif de constituer un front interne large, représenté par un gouvernement de travail, sous la chapelle de l’Etat de droit garant de l’égalité entre tous les Algériennes et Algériens devant la loi. Toute alliance doit se constituer autour de ces deux axes. Le reste n’est que détail.

Le MDS a appelé, récemment, à la dépénalisation de la consommation du cannabis en Algérie. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce positionnement ?

Je suis pour la protection de nos jeunes contre toutes les formes de délinquance et je suis convaincu que la prison est la plus mauvaise réponse à la consommation du cannabis.

C’est une réponse qui met nos jeunes et leurs parents dans une situation encore plus difficile. La dépénalisation permettrait de contrôler la distribution de ce produit, le suivi médical des toxicomanes et la protection des mineurs car sa production et sa vente seront réglementées, sans oublier l’éradication du grand banditisme.

Quelle est la position du MDS par rapport au combat pour la reconnaissance de l’identité amazighe, sachant qu’il est l’héritage d’un PAGS qui avait des positions peu favorables dans ce sens ?

Le MDS a développé le concept de l’algérianité. C’est une identité moderne qui met tous les Algériens sur un même pied d’égalité. Q’il s’appelle Maurice Audin, Matoub Lounès, Abdelkader Alloula, Monseigneur Duval ou Moufdi Zakaria, chacun est Algérien.

La lutte pour tamazight était derrière l’émergence de cette conception moderne de l’identité, car l’amazighité a réussi à nous réconcilier avec notre histoire. C’est dans cette optique que nous abordons tamazight et la question identitaire.

Un dernier mot….

Rien ne peut nous arrêter si nous décidons de prendre notre destin en main. Et c’est à travers la mère des batailles que nous attrapons le fil de ce destin, la bataille de la présidentielle.

C’est pour cela que nous avons décidé, avec mes camarades, de la mener avec tous les Algériennes et Algériens qui veulent transformer l’Algérie en la Mecque des démocrates.


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