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Italia

Carpe diem



Une autre attractive destination pour cet été 2018, la péninsule italienne, qui recèle des potentialités touristiques extraordinaires, loin des prestations all inclusif et autres visites guidées touristiquement formatées.

Le choix s’est porté sur une approche culturel et humaine où l’on tutoie tout un patrimoine méditerranéen au son des cigales annonçant un été chaudement culturel.

Roma, la ville éternelle, nous ouvre ses portes, celles de son aéroport Fiumicino, elle nous propose de bons plans attractifs, un programme ponctué de virées à la fontaine de Trevi, des enchantements à la place d’Espagne, des méditations à l’esplanade du soldat inconnu, ainsi que le Capitole, et enfin le Colisée, où repose pour l’éternité l’Aguelid berbère Jugurtha, mort en 1104 avant JC, à Tillianum.

Toute un symbole de résistance de ce brave roi numide, idolâtré aujourd’hui par les Berbères, des îles Canaries jusqu’à l’oasis de Siwa. Après une visite de plus de deux heures à bord du bus touristique City Tour, sous un soleil de plomb, l’œil est émerveillé par un panorama de sites captivants, un véritable musée à ciel ouvert, bordé de fontaines et de sources à chaque coin de rue.

On s’est arrêté à la fontaine de Trevi, une destination de choix des nouveaux mariés qui redoublent de clic-clac pour étoffer leur album photos, on boît à notre soif. Une soif qui accentue ses effets sous une température de 40°.

Dans le groupe Lynda «enjoy» tous les chemins de Rome, surtout celui qui mène à Bologne. A notre arrivée à la gare de cette ville du nord de l’Italie, un autre Aguelid des bonnes actions, un natif de la ville des Genêts (Tizi Ouzou), Nino, nous accueille à bras ouverts. Installé depuis plus de 30 ans à Bologne, Noureddine Amirouche nous a ouvert les yeux sur les valeurs de l’innovation et l’accessibilité o! combien indispensables pour les personnes non voyantes.

Appuyé d’une main forte par Fernando Torrente, professeur à l’Institut Gavazza des non-voyants. Nino reprend chaque jour son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole et promouvoir l’image de son association une Canne pour l’Afrique, une association qui célèbre son 17e anniversaire, au grand bonheur des enfants non-voyants d’Afrique et d’ailleurs, Nino, fier de sa ville qui a vu naître Marconi et Umberto Eco, nous fait promener sur les hauteurs de Bologne, où s’érige la somptueuse basilique de la Sainte Luca, une balade riche en zooms et autres travelling sur le Tout Bologne, ses 13 portes, ses églises, Saint Pietro, Saint de Stefano, Piazza Maggiore et l’imposante statue de Neptune.

Il est 20h30,l’heure de dîner sonne, les pizzaiolos commencent a étaler leurs chefs-d’œuvre dignes d’une gastronomie toute gourmande, mais attention au cliché (ne jamais réduire la ville de la première université dans l’histoire de l’Occident à un ragout appelé communément ‘‘la sauce bolognaise’’).

On corrige les stéréotypes et on prépare nos sacs pour une journée de plage à 1h30 de Bologne, une baignade sur les beaux rivages de Commoccio au Lido delle estense, sur l’Adriatique, une plage ou même les toutous ont droit à leur carré de sable, leur parasol et leur douche. On reprend l’autoroute via la province de Ferrara aux rythmes hawzi de notre crooner national Hamidou.

Sur les traces des Berbères et des Arabes qui sont tombés sous le charme de l’Italie, nous bifurquons par le chemin d’El Mauro à Venise, un passage qui en dit long sur la présence mauresque dans cette ville mythique de l’amour, une ville où l’on se cache à l’ombre des gondoles pour mourir d’amour.

L’omniprésence des doges a évacué de la mémoire collective toute référence à ce Mauro, qui s’est replié dans sa petite ruelle, symbole d’une domination de Constantinople, un Vénitien de passage du côté de la place du Rialto nous rappelle en fin pédagogue les prouesses des Vénitiens et la récupération de la Moree en 1669.

Castello Aragonese : Korsani Ghanem !

Cava grado, un site naturel rocheux formant de splendides criques et qui se trouve dans la localité de Saint Angelo, dans l’île d’Ischia, dans la province de Naples. Une île qui miroite mille et un mystères enfouis au fin fond de l’histoire médiévale de la région sud de la péninsule italienne. On pique une tête dans les «bagno» avoisinants et on s’offre aux libertinages de la mer en plein fusion avec un beau soleil réverbérant ses rayons sur la grande scène rehaussée par des estivants en quête d’un bronzage doré, et de ces falaises volcaniques.

Place à l’une des plus belles vues panoramiques sur le château aragonais, un bastion incrusté dans un grand rocher volcanique. Surplombant la mare nostrum, cette forteresse construite en 774 avant JC par Hiero de Syracus, répartie sur plus de 354 ares, a été occupée tantôt par les Parthénopéens (les anciens habitants de Naples) et tantôt par les romains.

Une succession qui s’est achevée par la prise du château et la consécration du comte d’Ischia Marino Melluso en 1036. On emprunte les passages ombragés du château et derrière les grandes fortifications notre mémoire convoque toute une galerie de personnages et un déroulé d’événements relatifs aux incursions de la flotte algérienne de Khireddine Barbarousse.

Le Raïs d’Alger a su exploiter à son corps défendant les luttes intestines entre les gardiens des lieux, Alphonse d’Aragon 1441, et Ferdinand, le premier, d’un côté, et le baron de Naples et son allié Jean d’Anjou, de l’autre.

Sa stratégie a porté ses fruits, puisque le «korsan» a réussi à conquérir et à récolter des butins et des odalisques d’Ischia, de Forio, de Sarara Fontana et de Barano, un remake de «Houz malta» dans le pourtour italien. (Le célèbre texte chanté par les maîtres du chaâbi, en hommage au Raïs de la mer). En 1546, renforcé par une alliance conjoncturelle avec les Français, Khireddine a livré bataille au marquis d’El-Vasto, avant de laisser d’autres redoutables corsaires des noms de Dragut d’Anatolie et Radjah de Tunisie reprendre le relais et assiéger le site et ses tours à plusieurs reprises.

Le château d’Aragon ou Castello Aragonese, élevé à plus de 115 mètres nous invite à revisiter des pans entiers de l’histoire maritime de la Méditerranée, et ce, à travers ses basiliques, ses chambres, ses jardins, ses belvédères et son musée de la torture, un lieu qui dévoile la sauvagerie de l’inquisition et de la captivité. On sort par les grands portails du château en se pavanant sur le pont reliant l’île au petit port d’Aragon, une petite pause gelato s’impose, question de se rafraîchir tout en admirant ces scènes de vie incarnées par ces séniors isquitains, qui ont retrouvé leur seconde jeunesse au sein des écumes de la mer Tyrrhénienne.

Ce bassin, aujourd’hui grande scène illustrant l’odyssée humaine des migrants subsahariens, a été jadis la destination des embarcations de pêcheurs d’Ischia et de Procéda, jetant l’ancre à Stora, dans l’actuelle wilaya de Skikda, qui sont en fait la première population européenne installée en Algérie bien avant la colonisation française. Après ce bref cours d’histoire, notre balade à Ischia continue, on s’attable autour d’un Limoncello bien frais, véritable catalyseur d’énergie, pour faire face à une canicule de 40 degrés.

Le bus circulaire de couleur rouge arrive, un moyen de transport où l’on ne se sent pas dépaysé (un petit clin d’œil à el car elhamra de la SNTV).On valide nos tickets pour rejoindre le luxuriant jardin la Mortella,le parc thermal de Casaccimiola et le musée de la Mer, un musée dédié aux pêcheurs emportés par la Méditerranée.

Florence, en version mauresque

Le jour se lève à peine et nous voilà transportés dans l’aéroglisseur, direction la gare de Napoli, pour un nouveau départ vers la ville de Ferenze ou Florence. C’est une des plus belles destinations italiennes, la ville des Médicis et de la renaissance, une cité ou la magnificence trouve tout son sens.

Des processions de touristes se bousculant et calant le moindre espace pour s’offrir des selfies aux arrière-plans impériaux, on se précipite vers les places de Michel-Ange, Seigneurie, Petti, la cathédrale de Florence, le but : se frayer un mètre carré et dégager les centaines de perches des touristes et des sympathiques vendeurs bengalais juste pour immortaliser des instants inoubliables de l’été 2018.

Le séjour à Florence est cent pour cent culturel, notamment à travers les visites des intérieurs des musées des Offices et celui de Bargelo, où se déroule actuellement l’éloquente exposition baptisée Florence et l’islam. Un regard croisé sur un héritage culturel constitué de chefs-d’œuvre aux styles éclectiques, une belle collection de 3000 objets d’art offerte par le mécène et collectionneur lyonnais Louis Galland, en 1888.

L’exposition est un véritable régal pour nos yeux, fascinés par les envoûtantes céramiques hispano-mauresques, les tapis égyptiens aux textures raffinées, des polychromes aux motifs floraux datant du 16e siècle.

L’exposition florentine est un pur enchantement, un sésame qui s’ouvre sur les belles pièces d’émaux, des ivoires, des cristaux et aussi des vers du célèbre manuscrit Le livre des rois, du géographe persan El Firdusi, une antiquité rare datant de 1217.

Les habitants de Florence sont de plus en plus subjugués par les splendeurs orientales et mauresques garnissant les intérieurs muséaux de leur cité, un engouement qui a pris naissance avec les premiers voyages des célèbres marchants florentins, Simom Sigoli, Leonardo Frescobaldi et Gucci Georgio, qui, en 1384, ont retracé dans leur carnet de voyages leur impressions durant leur pèlerinage à La Mecque et leur visite de l’Egypte et de Bilad Chem.

Il est midi, on s’installe au premier trattoria, les envolées culturelles cèdent la place aux sens gustatifs, menu du jour : paperdelle a lapre (pâtes fraîches à la sauce au lièvre) et panna cotta à la vanille, on quitte la table et on continue à se promener dans les jardins de Florence en pensant à tous les Italiens qui ont eu un coup de cœur pour l’Algérie, le mathématicien originaire de la ville de Pise, le Bougeote Fibonnacci, inventeur des chiffres et des logarithmes, le renégat converti, Ali Betchine, de son vrai nom Piccini, natif de la ville de Livourne, sans oublier le poète sicilien Ibn Hamdis, qui a tant chanté sa Sicile natale.

Epris de nostalgie, il pleure son éden perdu, «oh paradisio da cui fui cacciato !che val ricardore il tuo fulgore ?»Ainsi s’achève cette visite en Italie sur un air de la célèbre chanson de Eugenio Bennato «Che il mediterraneo sia» .

 

Par Yazid Aït Mahieddine

 

 


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