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Inondations catastrophiques à Constantine

Les constructions illicites et les décharges sur le bord de l’oued en cause



Les fortes inondations qui ont frappé la ville de Constantine, mercredi dernier, ne cessent de provoquer des remous au sein de la population qui n’a pas manqué de pointer du doigt les autorités locales, accusées de négligence et de laisser-aller qui ont duré des années et qui ont mené à cette véritable catastrophe.

Les riverains et les commerçants exerçant près du contournement de la RN27, dans la commune de Hamma Bouziane, ayant subi le plus gros des dégâts, sont unanimes. «Nous avons soulevé à maintes reprises les risques que représentait l’oued Ziad sur les riverains et la localité de Djebli Ahmed, surtout qu’il n’a jamais fait l’objet d’opérations de nettoyage ; il faut aller voir du côté du pont Bouberbara, le long de la route et sur le bas-côté pour se rendre compte de ces tonnes de déblais de tous genres qui s’amassent sur le bord de la rivière, ce qui a provoqué le débordement des eaux sur la route», a déploré Riadh, un habitant de Djebli Ahmed.

Cette petite localité plus connue aussi par El Kantouli, dépendant administrativement de la commune de Hamma Bouziane et se trouvant à 5 km seulement du centre-ville de Constantine, est une concentration de plusieurs dizaines de commerces spécialisés dans les produits électroniques, électroménagers, des quincailleries et autres matériaux de construction. Son importance réside dans le fait qu’elle se trouve sur un axe à forte densité de circulation, surtout qu’il relie Constantine à la RN79 menant vers Mila et la RN27 vers Jijel, mais aussi la RN3 menant vers Skikda.

Ses habitants n’ont cessé de déplorer leurs conditions de vie. Ce que nous avons relevé depuis des années sur les colonnes d’El Watan. Jeudi dernier, alors que les choses commençaient à reprendre leur cours normal dans cette partie dévastée par les eaux, les engins venus en renfort des wilayas limitrophes s’affairaient à dégager la voie et nettoyer le cours de l’oued Ziad, un affluent de l’oued Rhummel qui traverse la ville de Constantine.

L’autre point noir qui revenait toujours dans cette partie de la commune de Hamma Bouziane est la multiplication des constructions illicites sur les bords de l’oued et qui menaçaient sérieusement d’une réelle catastrophe. «Etrangement, la partie du contournement de la RN27, qui a été la plus dévastée par les eaux en furie, se trouvait à quelques dizaines de mètres du cours d’eau, très encombré par les décharges sauvages et toutes sortes de déblais, mais personne n’a pris la mesure des risques jusqu’à la survenue de ces inondations qui auraient pu être évitées», nous explique un habitant de Djebli Ahmed.

80 mm d’eau en 23 minutes

La commission ministérielle dépêchée, jeudi matin, par le ministre de l’Intérieur, et composée de Tahar Melizi, délégué national aux risques majeurs, Belkateb El Hadj, secrétaire général du ministère des Ressources en eau, et Boualem Chetibi, directeur général du ministère des Travaux publics, s’est déplacée sur les lieux pour faire le constat de la situation et mettre en place une série de mesures à prendre.

Lors d’une conférence de presse animée jeudi après-midi au siège de la wilaya de Constantine, la commission a tenté de disculper les autorités locales de la wilaya, même si les inondations de l’oued Ziad sont la conséquence directe d’une mauvaise lecture de la carte des risques dans la wilaya, car ce qui s’est passé à Hamma Bouziane aurait pu survenir dans n’importe quelle autre localité située près d’un cours d’eau. «Nous ne pouvons pas prédire ce genre de catastrophes, tout ce que nous pouvons faire est d’être plus vigilants et conscients des dégâts qui peuvent survenir», a déclaré Tahar Melizi, délégué aux risques majeurs.

Pour sa part, le secrétaire général du ministère des Ressources en eau a estimé que les causes des inondations sont liées à la quantité de déversement des pluies, qui est estimée à 80 mm en 23 minutes. «Le changement climatique est un phénomène mondial, qui ne concerne pas uniquement l’Algérie et il provoque beaucoup de catastrophes. A l’échelle nationale et en un mois, nous avons enregistré des catastrophes à Tébessa, Sidi Bel Abbès, Tissemsilt et Batna. Pour Constantine, nous étions sur place et nous avons constaté de visu que l’oued Ziad ne pouvait pas contenir les quantités d’eau suite aux fortes chutes de pluie», a-t-il précisé, en incombant l’aggravation des dégâts aux habitants.

Une urbanisation anarchique

Le même responsable a jugé que l’urbanisation anarchique et les maisons construites sur les rives de l’oued ont agressé les ouvrages des travaux publics et ceux du secteur des ressources en eau. «En conclusion, un bureau d’études sera engagé prochainement pour lancer une ”cure millénaire” et réhabiliter l’oued et toute la partie endommagée, y compris les maisons limitrophes», a déclaré Belkateb El Hadj.

Toujours à propos des mesures prises par les autorités, le wali de Constantine, Abdessamie Saïdoun, a déclaré : «L’opération du nettoiement de la RN27 est à 90% et celle du curage du l’oued est à 70%. Le directeur des travaux publics a été chargé de préparer une fiche technique pour la réalisation des caniveaux et des fossés bétonnés aux bordures de l’oued. Nous allons également stabiliser le talus situé à proximité de la RN27 par une opération de reboisement qui commencera à partir de demain (vendredi, ndlr) par la conservation des forêts.

Puis, nous avons instruit le directeur des ressources en eau de préparer une fiche technique, afin de réaliser des conduites d’alimentation en eau potable et des eaux usées pour le reste des maisons non raccordées et qui se trouvent à côté de l’oued.»


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