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Le 17 Octobre n’est pas le Vel d’Hiv…



la déportation de juifs reconnue, le massacre d’algériens à Paris ignoré

Cinquante-sept ans d’impunité et de souvenirs douloureux. Les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris reviennent sur le devant de la “Seine” pour interpeller les autorités françaises sur le crime d’Etat commis contre une manifestation pacifique des Algériens, dont le seul tort était d’avoir demandé la liberté et la restitution de la souveraineté nationale.

PLUS d’un demi-siècle après, la France refuse de reconnaître son forfait dont ont été victimes des centaines d’Algériens comme étant un crime d’Etat. Pourtant, le deux poids, deux mesures pratiqué par la France n’est pas pour conforter le dernier geste du président Emmanuel Macron, concernant la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat de Maurice Audin. En effet, après avoir annoncé publiquement au mois de Juillet 2017 que c’est la France qui a organisé la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942, Paris continue de nier sa responsabilité dans les massacres du 17 Octobre 1961. «Oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile», a déclaré le président de la République. «Pas un seul Allemand» ne participa à l’organisation de cette rafle, a ajouté le chef de l’Etat, qui dit être «ici pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac». M. Macron va-t-il cette fois-ci encore être fidèle à sa position de principe, à savoir reconnaître les dizaines d’Algériens jetés à la Seine par les barbouzes de Maurice Papon, qui, rappelons-le, représentait l’Etat français ? Le premier locataire de l’Elysée va-t-il se recueillir aujourd’hui à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 comme l’avait fait François Hollande ? C’est dans ce sillage que des historiens et juristes, appelant l’Etat français à reconnaître sa responsabilité dans ces crimes, comme il vient de le faire pour l’assassinat en 1957 du militant français engagé en faveur de l’indépendance de l’Algérie, Maurice Audin. Pour l’universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison, les massacres du 17 octobre 1961 de civils algériens à Paris «sont aujourd’hui connus et doivent être maintenant reconnus par l’Etat français, responsable et coupable». «Cela passe, entre autres, par la reconnaissance qu’un crime d’Etat a bien été perpétré en ces journées d’octobre 1961», a ajouté le co-auteur de l’ouvrage collectif, «Le 17 octobre 1961 : Un crime d’Etat à Paris» (La Dispute, 2001). Pour lui, ces massacres «relèvent d’une terreur d’Etat appliquée depuis longtemps en Algérie, réactivée à la suite du déclenchement de la guerre le 1er Novembre 1954 puis importée en métropole où la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les exécutions sommaires étaient courantes». Tout en qualifiant de «pas immense» la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat de Maurice Audin, l’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison a affirmé que l’ensemble des crimes coloniaux commis par la France doivent être qualifiés «comme ils devraient l’être». Le président Macron a promis aussi d’ouvrir les archives, mais Grandmaison juge ambiguë sa déclaration à ce sujet. «Soit cela porte uniquement sur l’affaire Audin, et c’est alors singulièrement restrictif, soit cela concerne l’ensemble de la guerre d’Algérie, et la mesure est autrement plus importante. Reste que cet accès demeure le fait du prince», a-t-il constaté.
Exécutions sommaires
Les événements de Paris ne sont pas près de se dissiper chez ceux qui les ont vécus. Dans la nuit du 17 octobre 1961, des centaines d’Algériens et d’Algériennes qui manifestaient pacifiquement dans la capitale française pour dénoncer le couvre-feu inique et discriminatoire décrété à leur encontre par le préfet de police de l’époque Maurice Papon ont été exécutés sommairement par balle, jetés vivants dans la Seine, battus à mort ou pendus aux arbres des bois de Vincennes, selon les témoignages de survivants et d’anciens policiers français. Le même Maurice Papon avait, lors de l’occupation de la France par les troupes nazies et alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde entre 1942 et 1944, participé à l’arrestation des juifs de la région bordelaise et à leur déportation vers les camps d’extermination d’Auschwitz. S’il a été condamné en 1998 par la justice française à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité, il n’a jamais été inquiété par cette même justice pour les massacres d’Algériens à Paris. Au total, quelque 15.000 Algériens et Algériennes avaient été arrêtés lors de ces évènements et transférés au palais des Sports, au parc des Expositions et au stade Coubertin et détenus dans des conditions effroyables : battus et longtemps laissés sans nourriture et sans soins. Un crime qui restera encore longtemps impuni.

A . L. /Aps


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