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Vacance de la présidence de l’APN

Destitution «formelle», le pas franchi



Le coup de force à l’APN ? Une situation encore floue pour les citoyens qui ont pourtant élu cette Assemblée. Entre l’ignorance, le désintérêt de certains, il y en a d’autres qui tentent de comprendre…

Sans aucune surprise, mais une suite (logique) à une situation inédite et «illégale» à l’APN. Hier, la Commission des affaires juridiques, administratives et des libertés à l’Assemblée a validé la vacance de la présidence de l’APN. La réunion s’est tenue en l’absence des députés de l’opposition.

La commission a déclaré vacant le poste en raison de l’incapacité du président à assurer sa mission. «Tous les éléments juridiques de l’état de vacance sont réunis pour incapacité du président de l’APN à assurer ses fonctions du fait de son désaccord avec les députés et son refus de démissionner», a déclaré hier la Commission dans un communiqué. La décision sera soumise au vote lundi prochain en séance pleinière.

Des hommes de loi expliquent «l’illégalité et la non-constitution de tous les procédés» (lire l’entretien de Hakim Saheb)… mais où en est le citoyen dans toute cette «mascarade». «Cela ne me concerne pas. De toutes les façons, ce n’est pas une Assemblée élue.

A aucun moment je n’ai senti ou eu l’impression que ce Parlement parle en mon nom ou défend mes droits. Qu’ils aillent tous au diable…». Comme ce jeune étudiant de 23 ans dont sa seule ambition est de décrocher son visa d’études à l’étranger et de «quitter le plus tôt possible le pays».

«Mafhamna walou (Je n’ai rien compris). Quelqu’un veut prendre la place de l’autre, je pense. Hadj Bousaïda… (Saïd Bouhadja, Ndlr, inversé). Je ne sais pas. J’essaye d’être un citoyen exemplaire en jetant la poubelle à l’heure et pas dans n’importe quel endroit. Travailler tranquilement et c’est tout. Autre chose, ça me dépasse.» Des avis qui n’inquiètent surtout pas les parlementaires qui «font leur loi».

Même si le jour du premier rassemblement où des cadenas étaient posés pour interdire l’accès à l’Assemblée, des citoyens sont venus «manifester» leur solidarité à Saïd Bouhadja, la question ne semble pas être maîtrisée. «Lazem imout waqef», dit une dame qui était de passage mardi passé. Elle a dit cela, car elle s’est présentée comme étant une amie à Bouhadja. de leur côté, les jeunes n’en ont rien à cirer. «Ils ne pensent pas à nous de toutes les manières les jours où ils s’entendent bien. Aujourd’hui, les loups ne se mangent pas entre eux.»

Un peu plus conscients, certains schématisent les choses : «C’est le règne de l’anarchie. Autrement dit, n’importe qui peut désormais aller cadenasser le siège d’une APW, d’une daïra, d’une APC, d’une wilaya, voire même le siège la présidence, du Conseil constitutionnel et du Sénat, puisque les députés du peuple qui votent les lois sont les premiers à les piétiner, ils ont montré la voie.» D’autre ironisent : «ça serait alors un mal pour un bien et la loi des finances 2019 ne passera pas.» Un détail lui échappe au cas où la voie parlementaire est compromise.

Les plus avérés posent d’autres débats : le rôle des parlementaires ? «Ce que je retiens personnellement de cette crise, c’est une incompréhension totale du rôle du parlementaire. Quand bien même il est peut-être dans l’intérêt du citoyen in fine de limoger le président de l’APN, c’est possible, encore une fois on n’en sait rien, ce n’est certainement pas de cette façon que l’on procède. Le député représente le citoyen.

Sa liberté d’expression lui est déléguée par le citoyen. Ne pas prendre acte de cette responsabilité marginalisera davantage le citoyen dans la vie politique. Demain, on ne pourra plus attendre de lui une quelconque implication dans la construction de son pays.

Et nous avons vu, depuis 2011, les résultats d’une telle marginalisation des voix des citoyens dans différents pays de la région.» Depuis le début de cette crise, les parlementaires essayent par tous les moyens, même par la violence, d’instaurer un black-out pour les médias, la question de la liberté d’expression et le traitement médiatique se pose aussi.

Débat

Sur la forme, il y a débat. Une journaliste et chercheure en communication interlinguistique et interculturelle à l’université de Mons, Belgique, décryte la scène : «Sur le plan de l’information, plus précisément de la liberté d’expression des citoyens et de leur droit à l’information, des droits garantis par les textes législatifs, les parlementaires ont refusé de s’exprimer sur la question et les rares à avoir tenté de répondre aux questions des journalistes l’ont très mal fait, certains se sont montrés agressifs, ce qui est grave en toute circonstance, mais la violence est d’autant plus problématique quand elle émane d’un élu censé représenter le citoyen.» On a d’ailleurs assisté à l’agression de la part d’un député du RND d’un journaliste de la chaîne privée Echourouk.

Il a été en effet brutalement agressé mercredi par le député Ahmed Menaï. Il a été insulté devant la foule. D’abord, comme d’autres d’ailleurs, le député a accusé le journaliste d’avoir porté atteinte à l’image des députés et de toute l’Assemblée.

De la brutalité, de la violence et des insultes. Un scandale. Or, explique encore la spécialiste en communication, «le citoyen se sent totalement exclu de cette crise». C’est assez paradoxal comme situation où le parlementaire, dont la liberté d’expression lui est déléguée par le citoyen – et il faut mettre l’accent là-dessus – s’exprime en son propre nom, et non pas au nom du citoyen qui l’a élu et qu’il est censé représenter !

Une situation inédite. Où est la voix des citoyens dans ce cas-là ? se demande la chercheure : «Ont-ils demandé le limogeage du P/APN ? A quel moment ? Pourquoi ? On ne le sait pas et l’on n’est pas près de le savoir». L’information part dans tous les sens.

La propagation de sites internet, appelés à tort journaux électroniques, ne facilite pas la tâche pour avoir accès à l’information. «Bien au contraire. Chaque site y va de sa lecture, de ses recommandations… et cela peut influencer l’opinion des citoyens les moins avertis. Mais le fait est que dans l’ensemble personne ne comprend rien à ce qui se passe.» Vient ensuite le problème de fond. L’enjeu est méconnu par les citoyens moins avertis.

«On ne joue pas avec la légalité des procédures. Si le président de l’APN pose problème aux parlementaires, ils sont dans l’obligation de respecter la loi, eux à qui il incombe de la faire respecter, de la valider, de la discuter, de l’amender ! Quand un parlementaire découvre une faille dans les textes, il doit la souligner, la corriger ! Et certainement pas en profiter pour servir des agendas dont les citoyens, et en l’occurrence les médias, n’ont pas la moindre idée.»  Nassima Oulebsir


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