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Reinette Daoud

La plus forte des voix féminines



Il y a 20 ans, la voix de Reinette Daoud et le son de son Oud se sont tus. La chanteuse qui a bercé des générations d’Algériens est morte à 83 ans, le 17 novembre 1998 après avoir marqué la chanson oranaise et Hawzie.

A ce jour, nos chanteuses reprennent ses chansons qui sont toujours vivantes et certaines artistes tentent même de l’imiter, elle, l’inimitable petite reine qu’on appelait tantôt «Reinette l’oranaise» tantôt «Sultana Daoud» ou «Reinette El Wahrania». Née 1915 à Tiaret, la chanteuse était connue pour sa voix forte et grave. Ayant perdu la vue à l’âge de deux ans à cause d’une variole mal guérie, la petite reinette est transférée à Alger où elle est inscrite à l’école des aveugles d’Alger. Comme tous les élèves de l’école, elle y apprend le braille et le cannage des chaises. Il faut dire qu’autrefois, on formait les aveugles à certains métiers tels que le cannage des chaises ou la fabrication des brosses dans le but de les faire travailler par la suite. La mère de Reinette s’était opposée à ce que sa fille continue à faire ce travail qui lui abîmait les doigts. Elle s’est alors adressée au grand chanteur et virtuose du violon Saoud El Wahrani (l’oncle de Maurice El Medioni), de son vrai nom Messaoud El Medioni pour une formation dans le domaine de la musique arabo-andalouse. Il deviendra son maître et c’est lui qui lui donnera le pseudonyme de «Reinette».

La voix et l’instrument

La jeune fille qui une bonne oreille musicale apprend vite les leçons et ne tardera pas à se faire intégrer dans l’orchestre du grand Saoud El Wahrani. Après avoir maîtrisé et appris les bases de la musique arabo-andalouse notamment les Nqlabate et quelques noubas, elle joue à la Derbouka puis se met aux instruments à corde. Après le mandole, elle fait son choix définitif pour se faire accompagner par le luth (ôud), l’instrument qui ne la quittera plus jusqu’à la fin de sa vie. Au milieu des années 1930, Reinette avait déjà enregistré des disques et s’était déjà fait connaître grâce à sa voix exceptionnelle, sa maîtrise du ôud et les textes qu’elle chantait.
En 1938, son maître Saoud El Wahrani décide de s’installer en France où il ouvre un café où les soirées étaient animées par des chanteurs. Reinette avait 20 ans et ne devait compter que sur elle-même. Avec la sortie de ses disques 78 tours, la jeune chanteuse avait déjà acquis une certaine notoriété. Quelques années après avec l’ouverture de la radio algérienne en 1946, ses passages en direct lui serviront à se faire connaître pratiquement au niveau de toutes les villes d’Algérie. Alliant le classique à la chanson de variété rythmée, Reinette Daoud s’est retrouvée parmi les plus grandes chanteuses de l’époque. L’artiste animera des concerts dans des salles à travers plusieurs villes et est souvent appelée pour l’animation des fêtes familiales pendant plusieurs dizaines d’années.

Une place dans l’histoire

Elle fera partie de ces femmes qui resteront dans l’histoire de la musique algérienne, notamment Meriem Fekkaï dite «El Bessekria», Cheikha Tetma, Alice Fitoussi et Fadila Dziria. Cela nous rappelle que la chanson algéroise n’a pas été représentée que par des algéroises, mais aussi par ces chanteuses venues d’autres villes. Reinette est née à Tiaret, Fekkai à Biskra et Tetma à Tlemcen. Reinette chantera en compagnie de l’orchestre de la radio où l’on trouvait de grands musiciens et virtuoses tels que le Drabki Alilou, le cithariste Boudjemaâ Fergane, le pianiste Mustapha Skandrani ou le violoniste Abdelghani Belkaid qui a accompagné également Meriem Fekkai et a failli suivre une carrière de chanteur. Au lendemain de l’indépendance, Reinette a décidé de s’installer en France. Elle se retirera du monde artistique pendant une longue période avant d’être appelée à remonter sur scène en 1985 à l’âge de 70 ans. En 1987, elle tourne un court métrage musical«Amours éternelles» avec le pianiste Mustapha Skandrani. En 1991, un long métrage documentaire intitulé «Le port des amours» lui est consacré. Bien qu’elle n’ait pas donné de concerts ni enregistré de disques pendant une longue période, Reinette Daoud est restée dans l’histoire de la musique algérienne et ses chansons sont régulièrement écoutées et interprétées par les chanteuses d’aujourd’hui.

Bari Stambouli


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