Appels, doutes et interrogations à Béjaïa



Trois appels à des marches de protestation contre le projet d’un 5e mandat de Bouteflika sont lancés à Béjaïa, dont un est identifié. Le premier se colle à l’appel lancé il y a plusieurs jours pour des marches synchronisées sur le territoire national le vendredi 22 février.

L’appel de Béjaïa, partagé sur internet comme tous les autres, est lancé pour une marche à partir de la Maison de la culture vers le siège de la wilaya. Le premier appel suscite beaucoup de réticence, de doute et de prudence quant à son origine trahie par l’indication de l’horaire de départ de l’action que l’on fait coïncider avec la fin de la prière de vendredi.

Le soupçon d’un appel anonyme provenant des milieux islamistes est l’essentiel qui marque les réactions des citoyens, notamment les internautes.

L’appel mis en ligne pour une marche à Béjaïa durant la même journée de ce vendredi a contourné ce parallèle religieux en indiquant l’horaire de 14h, qui ne coïncide pas moins avec la fin de la prière. Pour afficher leur intention, ses organisateurs appellent toutefois à l’occasion la population à «dénoncer toute tentative de récupération des islamistes» et s’en démarquer.

Un groupe de militants identifiés de la ville de Béjaïa, regroupés autour du «mouvement des brassards rouges», qui prend tout juste forme, invite la population à rejoindre cette marche en portant au bras un brassard rouge comme signe de protestation.

Connus sur la scène du militantisme local, ils donnent ainsi une certaine identité à l’appel. Un autre appel anonyme est mis sur les réseaux sociaux pour une autre «marche pacifique» à tenir, cette fois-ci, dans la ville d’Amizour, en se démarquant de toute proximité religieuse. L’action est voulue «pour dire non au 5e mandat de la honte et contre le pouvoir en place». Ses initiateurs proposent l’horaire de 10h de ce jeudi et l’itinéraire allant du lycée mixte de la ville vers le siège de la daïra.

Pour souligner la légalité de la manifestation, ils concluent leur appel avec l’indication des «articles 48, 49, 50 de la Constitution garantissant la liberté d’expression pacifique». L’identité des initiateurs, qui reste cependant inconnue, n’a pas empêché que leur appel soit partagé par de nombreux internautes. Mais nombreux sont les citoyens, opposés au 5e mandat ou aux élections, qui se refusent de donner suite à des appels dont ils ignorent la provenance.

C’est ce que s’évite une autre action de rue qui est programmée dans la ville de Béjaïa mais avec moins de risque de manipulation de milieux anonymes. Elle émane du mouvement Mouwatana qui appelle, de son côté, à observer un rassemblement populaire sur l’esplanade de la Maison de la culture pour également la matinée de dimanche.

L’action s’inscrit dans le cadre de la «journée de mobilisation» nationale à laquelle a appelé le mouvement. Mouwatana adopte, pour l’occasion, deux slogans : «Non au 5e mandat de la honte» et «Pour la dignité des citoyens algériens». La dernière tentative de rassemblement de ce mouvement à Béjaïa, en présence de tous ses principaux animateurs, a été réprimée, pour rappel, le 15 septembre par la police.

La question de l’attitude des services de sécurité vis-à-vis de ces actions se re-pose cette fois-ci dans une tout autre conjoncture chargée de tension et d’appels répétés à la mobilisation contre la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat et le régime en place. Les exemples des nombreuses réactions de rue, pacifiques, enregistrées dans plusieurs villes du pays, dont celle réussie à Kherrata, donnent de sérieuses inquiétudes au gouvernement, en témoigne la toute fraîche mise en garde du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, depuis Djelfa.

La déclaration publique de Abdelmalek Sellal, directeur de campagne du Président-candidat, participe aussi de cette anxiété officielle. «Inutile de descendre dans la rue», a-t-il déclaré. Prendra-t-on donc le risque de la répression ou laissera t-on faire en tablant sur l’essoufflement ? Nombreux sont ceux qui soupçonnent les autorités de vouloir empêcher ces actions pacifiques et stopper l’effet boule de neige, dont le RCD a mis en garde contre tout recours à la répression.

Dans la rue, les réactions de refus du 5e mandat et du rejet du régime prennent des expressions pacifiques à travers des banderoles qui apparaissent accrochées dans plusieurs endroits de la wilaya, à l’exemple des villes de Béjaïa, Tichy et Seddouk.


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