un pan de la ville de Tlemcen en voie de disparition.. Les priorités peuvent attendre



Depuis l’explosion de la bombe terroriste du 23 mai 1997 qui a détruit une grande partie de son vieux bâti, la Médina offre aujourd’hui une image de désolation.

A un moment où la fièvre des jets d’eaux a gagné l’APC de Tlemcen, un pan de l’histoire millénaire de la capitale des Zianides est en voie de disparition. La Médina croule sous les décombres. Depuis l’explosion de la bombe terroriste du 23 mai 1997 qui a détruit une grande partie de son vieux bâti, la Médina offre aujourd’hui une image de désolation et n’est devenue, par l’incompétence et la déliquescence des responsables locaux, qu’un agglomérat de maisons délabrées, de ruines et de détritus. Autrefois ville commerçante par excellence où se confectionnaient toutes sortes d’activités artisanales dans ses venelles, elle a été abandonnée à son sort. L’animation d’antan a laissé place à la désolation et à la prolifération de tous les fléaux sociaux.
Les vieilles bâtisses et les maisons en ruine sont squattées de jour comme de nuit par des délinquants et de sinistres individus qui y vaquent à des activités illicites à ciel ouvert et qui se soucient peu des regards médusés des passants. Elle s’est transformée en un véritable lieu de débauche. Intégrée en 2008 par le ministère de la Culture comme patrimoine national à préserver et protéger, et qu’une enveloppe de 1,388 milliard de dinars lui a été allouée pour sa restauration, la Médina n’a connu à ce jour aucun programme de réhabilitation.
S’étendant sur une superficie de 40 hectares et renfermant plus de 1 450 anciennes habitations obéissant à un tissu architectural des plus traditionnels et des plus rustiques, la vieille ville, malgré les appels incessants du mouvement associatif, se meurt dans l’oubli.
L’on s’interroge sur le silence sidéral des responsables face à cette situation mais aussi à la disparition latente de l’un des plus valeureux patrimoines historiques et culturels de l’ancienne capitale du Maghreb central. Des sommes colossales ont été allouées à la wilaya de Tlemcen ces deux dernières décennies sans qu’aucun projet de la réhabilitation et restauration de la Médina ne soit inscrit. Comme quoi les priorités peuvent attendre car la notion de patrimoine intéresse peu nos gouvernants et encore moins sa corrélation avec le développement du tourisme. En attendant, la Médina ou comme l’appellent les Tlemcéniens Al Madina Al-Atika, est devenue une véritable plaie en plein cœur de la ville de Tlemcen.
Il est attendu des nouveaux élus de l’APC de Tlemcen une reconsidération de cet important de l’histoire de la ville d’autant plus que le nouveau maire n’est autre qu’un spécialiste en architecture et un enseignant universitaire dans ce domaine. Sa restauration et sa valorisation sont intimement liées au développement de la ville de Tlemcen sur les plans urbanistique, social, culturel, traditionnel, historique et touristique, car la Médina demeure une expression patrimoniale multidimensionnelle. Fondée par les Almoravides, elle s’est enrichie par plusieurs civilisations qui se sont succédé dont les Almohades, les Mérinides et les Ottomans. Son cadre bâti est issu au fil des siècles de cet héritage ancestral et chaque bâtisse a un récit à transmettre.
B. Soufi


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