Benjamin Stora

«Le président Bouteflika n’est plus maître du jeu»



Par Karim B. – Très sollicité par les médias français pour sa connaissance profonde de la question algérienne, Benjamin Stora est revenu sur les riches événements politiques que vit l’Algérie depuis le 22 février dernier.

Interrogé par les journalistes de France Info sur la «menace de dislocation» qui pourrait peser sur l’Algérie, l’historien français natif de Constantine a affirmé que l’Algérie «est un immense pays, un pays continent grand comme cinq fois la France, une mosaïque de pays additionnés, comme disait déjà Pierre Bourdieu en 1960». «Mais, a-t-il dit, ce qui me frappe dans les manifestations et les fêtes qu’on voit, c’est que tout converge pour faire sens sur la nation».

Pour l’auteur du Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, «ce n’est pas du tout vers une dislocation régionaliste, vers l’affirmation d’une autonomie particulière», que se dirigent les manifestations en Algérie. «C’est ça qui est étonnant dans le mouvement qui existe, c’est-à-dire qu’on a une réappropriation d’une sorte de roman national confisqué, l’indépendance confisquée, pour reprendre le titre du livre célèbre de Ferhat Abbas qui était le premier président du GPRA en 1958», a souligné Benjamin Stora.

A la question «le peuple dans son ensemble peut-il faire bouger le pouvoir vu qu’il n’y a pas de leader qui se détache ?», l’historien a répondu que «le pouvoir a déjà bougé» et que le président Bouteflika «n’est plus maître du jeu». «Le centre de gravité du pouvoir s’est complètement détaché», a-t-il soutenu, estimant, par contre, que l’armée «n’est pas dépossédée». «On observe à la loupe la moindre déclaration de Gaïd-Salah», a précisé Benjamin Stora qui s’est référé aux dernières sorties du chef d’état-major de l’ANP qui, a-t-il affirmé, «essaye de faire corps avec le peuple en mouvement». «Cela veut dire qu’il n’y a pas pour l’instant d’homme fort qui peut émerger, parce que dans le processus de type révolutionnaire, le premier qui sort la tête se fait dégager», a fait remarquer l’historien qui pense que «beaucoup d’hommes politiques hésitent, attendent leur heure», pour cette raison justement.

Pour Benjamin Stora, enfin, «il existe beaucoup d’hommes y compris qui sont à l’intérieur du système et qui sont prêts à moderniser et à passer à une autre forme d’organisation de la société».

K. B.


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