L’AFP

« le gouvernement algérien fait tout pour que l’on ferme la boutique »



 Nous avons le sentiment que le gouvernement algérien fait tout pour que l’on ferme la boutique. » Le 9 avril dernier, une semaine après l’annonce de la démission d’Abdelaziz Bouteflika , Aymeric Vincenot, directeur du bureau algérois de l’Agence France-Presse a dû quitter le pays au terme de l’ultime délai qui lui avait été accordé par la police à l’expiration de son titre de séjour. Il n’avait plus d’accréditation depuis la fin de l’année 2018. Un mois et demi plus tard, comme le révèle Le Monde, la situation de l’ensemble du bureau algérien est critique.

Présente dans près de 150 pays, l’Agence France-Presse abreuve depuis plus de soixante-dix ans les médias du monde entier en informations de terrain en six langues différentes. L’Algérie, 141e sur 180 pays selon le dernier classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, essaierait d’asphyxier par tous les moyens l’antenne locale de l’agence française, menacée à court terme. « Nous avons le sentiment que le gouvernement algérien fait tout pour que l’on ferme la boutique. Nous sommes dans un cauchemar administratif », confesse un membre de l’agence au quotidien du soir.

La situation est critique : en avril, selon un membre de l’agence, « salaires et piges n’ont pu être payés et le fournisseur Internet menace de couper la ligne. On ne peut pas payer nos impôts et, de ce fait, on risque de se voir imposer des pénalités ». L’expulsion soudaine de l’ancien directeur du bureau a eu pour conséquence pratique l’incapacité, pour qui que ce soit, d’utiliser le compte bancaire servant à subvenir à l’ensemble des dépenses de l’AFP en Algérie via des fonds versés par Paris. Seul Aymeric Vincenot possédait une délégation de signature permettant d’utiliser ce compte à la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), une banque publique. Son absence est donc une menace de fermeture imminente.

L’agence explique qu’il est pour l’heure impossible de changer de banque, et que la BADR « refuse, en plus, d’honorer les chèques et virements au motif d’une décision judiciaire », décision dont personne n’a jamais eu connaissance et dont il est impossible de trouver une trace. À cela s’ajoute une législation particulièrement rude qui rend toute alternative limitée, voire impossible.

Auprès du Monde, une source appartenant à l’agence explique qu’il est « difficile de trouver des solutions hors de ce cadre, puisque le dinar n’est pas convertible, que la législation sur les devises et les changes est restrictive, et que les paiements en liquide sont interdits au-delà de seuils assez bas et qu’une déclaration en douane est obligatoire pour toute importation de devises supérieure à 1 000 euros ». Selon le quotidien, l’AFP n’a jamais été officiellement tenue au courant des griefs des autorités locales, mais un membre de la direction parisienne s’est vu notifier quelques critiques quant au traitement de l’état de santé du président Bouteflika et le traitement de l’actualité algérienne en général, sans toutefois qu’une référence soit faite à un article en particulier.

 

Source : Le Point 


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