Alors qu’un émissaire américain est attendu à Khartoum

Le Soudan s’installe dans la désobéissance civile



Lancé par l’opposition pour contraindre les militaires à se retirer du pouvoir, le mouvement de désobéissance civile au Soudan est entré hier dans son troisième jour.

Attentifs aux événements que traverse ce pays, les Etats-Unis comptent mettre la pression sur le Conseil militaire de transition au pouvoir depuis la destitution du président Omar El Béchir le 11 avril et le contraindre à des négociations avec les civils.

Dans cet esprit, le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique, Tibor Nagy, est attendu dans les prochains jours à Khartoum, rapportent des médias. Le 20 mai, les négociations entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation se sont soldées par un échec quant à la composition d’un Conseil souverain.

Chaque partie souhaite diriger ce Conseil chargé de mener une transition sur trois ans. Mercredi dernier, les leaders de la contestation ont rejeté l’appel des généraux à la tenue d’élections sous neuf mois et l’offre de dialogue en dénonçant un «putsch» suite à la répression des manifestants la semaine dernière.

Le Département d’Etat a précisé lundi que l’émissaire appellerait «à la fin des attaques contre les civils», après la répression de la semaine dernière, qui a débuté par la dispersion du sit-in devant le siège de l’armée. Selon un comité de médecins proche de la contestation, 118 personnes sont mortes depuis cette date, la majorité le 3 juin. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par des «tirs à balles réelles» à Khartoum.

A l’avant-garde de la contestation, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) révèlera prochainement son propre Conseil souverain, avec un Premier ministre, a indiqué lundi l’Association des professionnels soudanais (SPA), un membre de l’ALC.

Née en décembre d’une colère contre le triplement du prix du pain, la contestation a rapidement pris une tournure politique. Des milliers de protestataires rassemblés depuis le 6 avril devant le siège de l’armée ont refusé de lever le camp, malgré la destitution du dictateur Omar El Béchir réclamant le transfert du pouvoir aux civils, jusqu’à la violente dispersion du sit-in du 3 juin.

Relations complexes

Les Etats-Unis ont peu à peu repris leurs relations diplomatiques avec le Soudan après des décennies de tensions. Khartoum avait accueilli Oussama Ben Laden dans les années 1990.

L’administration américaine a décidé en 2017 de lever une partie des sanctions imposées au Soudan depuis 1997, mais a maintenu le pays dans la liste des Etats soutenant «le terrorisme». Il a exigé des progrès de Khartoum.

Ainsi, le régime de l’ex-président El Béchir s’est engagé sur une feuille de route en «cinq points», entre autres la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud et une coopération avec le renseignement américain contre le terrorisme.

En février dernier, le directeur Afrique au Conseil national de sécurité américain, Cyril Sartor, a averti lors de sa visite Khartoum que l’usage de la «violence excessive» par les forces de sécurité soudanaises pour réprimer les manifestations pourrait menacer les discussions pour retirer le Soudan de la liste américaine des «Etats soutenant le terrorisme».


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