Ouyahia, Saïd Bouteflika, Sellal et les autres

Pourquoi le régime algérien s’est effondré très rapidement



Personne, absolument personne n’a jamais imaginé un tel scénario. Il y a quelques mois, Sellal et Ouyahia auraient pu devenir Président de la République s’il y avait un consensus autour de ces deux personnalités au sein du sérail algérien. 

Il y à quelques mois, Amara Benyounès marchandait son soutien au 5e mandat et espérait récolter une plus-value qui devait lui permettre de retrouver un portefeuille ministériel. Il y à quelques mois, Amar Ghoul complotait pour revenir aux commandes en rêvant de diriger un nouveau gouvernement de transition nationale le temps de résoudre la crise de succession d’Abdelaziz Bouteflika.

Il y a quelques mois, Zoukh, l’ex-Wali d’Alger, se voyait longtemps « intouchable ». Il y a quelques mois, Tayeb Louh se voyait comme l’un des potentiels successeurs à Abdelaziz Bouteflika. Il y a quelques mois, le régime algérien pensait survivre à une simple épreuve de succession. Aucune de ses officines n’a prévu un ras-de-marée populaire qui va l’engloutir et mener l’Algérie entière vers une période révolutionnaire !

Et le miracle fut ! Les Algériens se sont révoltés à la grande surprise du monde entier. Ouyahia ne sera candidat à l’élection présidentielle et ne deviendra jamais Président de la République. Au contraire, il finira à la prison d’El-Harrach. Sellal ne sera pas rappelé et ne pourra pas prétendre à la succession de Bouteflika. Il finira lui-aussi à la prison d’El-Harrach. Tayeb Louh ne détiendra plus aucun pouvoir. Il finira éjecté du gouvernement et se retrouve pourchassé par la vindicte populaire. Amara Benyounès ne réalise aucun de ses rêves et il finit lu aussi à la prison d’El-Harrach. Zoukh, Amar Ghoul, Boujdemaâ Talai, Zaalane et tous les autres hauts responsables du régime Bouteflika, ne tarderont certainement pas à retrouver leurs collègues à la prison d’El-Harrach.

Le cerveau du régime Bouteflika : « le seigneur Saïd » est tombé avant tous les autres. A la prison militaire de Blida, il sera bientôt jugé comme un « vulgaire traire à la nation ». Le puissant Tartag a trébuché définitivement et passera de longues années à la prison militaire de Blida. Et cerise sur le gâteau : le puissant et mystérieux général Toufik est définitivement humilié et emprisonné à Blida.

Qui l’eût cru ? Personne, absolument personne. Mais pourquoi une telle chute brutale, un effondrement aussi violent et surprenant. La raison est à la fois simple et complexe : le régime algérien était rongé depuis longtemps par un dangereux cancer qui n’a jamais été traité. Ce cancer porte un nom ô combien significatif : le clanisme !

Divisé par les querelles internes, affaibli par les guéguerres entre petits chefs, miné profondément par les divergences idéologiques, financières et politiques qui séparent ses principaux acteurs, le régime algérien a affronté le mouvement populaire algérien dans une posture catastrophique. Dépourvu d’un leader autour duquel les dirigeants algériens peuvent se fédérer, le régime algérien n’était pas prêt pour résister aux coups de poing de la rue.

Tel un vieux boxeur qui ne peut plus se battre, il tombe de très haut. Et le KO est prononcé. La détérioration gravissime de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika a accéléré la fin de ce régime. Depuis fin 2018, il n’y avait presque plus de régime homogène, solide et fonctionnel. Il y avait le clan Gaïd Salah d’un côté, le clan Saïd de l’autre, les intérêts des oligarques richissimes, mais détestés par les Algériens, et les orientations d’un appareil administratif entièrement rongé par la corruption généralisée.

L’Etat est une notion qui a commencé à disparaître dans le sillage d’un 4e mandat catastrophiquement mal-géré. Le groupe Ahmed Ouyahia voulait le pouvoir, le groupe Bouchaoureb voulait le pouvoir. Le groupe Sellal voulait le pouvoir. Le groupe Tayeb Louh et général Belkecir voulait le pouvoir. Le groupe Gaïd Salah voulait le pouvoir. Le pouvoir, tout le monde le voulait. MAIS PERSONNE NE LE DÉTENAIT RÉELLEMENT.

Le régime algérien était devenu depuis 2014 un agencement d’intérêts claniques, financiers et tout l’équilibre était géré par des groupes affairistes. Il n’y avait ni vision, ni projet, ni la moindre structure de base.

Ce n’est pas le régime syrien solidement enraciné autour de la famille ASSAD, ce n’est pas la monarchie saoudienne capable d’avaler ses déchirements internes pour subsister aux menaces extérieures, ce n’est pas le régime cubain capable d’écarter ses vieux chefs et organiser ses propres successions, ce n’est pas le régime russe guidé par un leader patenté et charismatique comme Poutine, ce n’est pas le régime turc qui créé de la croissance et séduit les foules avec un Erdogan, non, le régime algérien n’avait plus aucun sens, plus aucune utilité.

Il était voué à l’échec et par ricochet à la disparition. Dans un futur proche, cet effondrement sera enseigné dans les livres d’histoire et les dirigeants algériens finiront là où ils étaient attendus depuis très longtemps : les poubelles de la mémoire collective de l’humanité…


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