Les vérités d’Ouyahia qui auraient pu accélérer la chute du régime Bouteflika



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Par Houari A. – La diffusion d’un enregistrement sonore attribué à Ahmed Ouyahia, et fuité sur les réseaux sociaux, lève un voile sur l’existence d’un malaise profond au sommet du pouvoir à la veille du soulèvement populaire qui est venu mettre un terme à un processus électoral récusé dès le départ par une majorité d’Algériens.

Mais, plus fondamentalement, ce discours, non daté mais qui se situerait à quelques semaines ou quelques mois du premier jour des manifestations populaires déclenchées le 22 février, aurait pu conforter les citoyens dans leur conviction et précipiter ainsi leur révolte s’il avait été diffusé en son temps. C’est d’ailleurs la question que l’on ne peut s’empêcher de se poser après avoir écouté l’enregistrement : pourquoi une telle intervention aussi importante de l’ex-Premier ministre a-t-elle été tenue secrète, étant donné qu’il s’agissait d’un discours public et qui portait sur la situation générale du pays ? L’actuel secrétaire général du RND, Azeddine Mihoubi, a confirmé, mercredi, l’authenticité de ce discours mais ne dit rien sur les raisons de cette «autocensure».

Toutes les critiques formulées par Ouyahia dans cette intervention (corruption, fraude électorale, crise sociale…) nous rappellent, par l’amertume et la hargne qui les caractérisent, le fameux discours de l’ex-président Chadli Bendjedid, un certain 19 septembre 1988, qui déclencha les émeutes du 5 octobre qui ont fait des dizaines de morts. Ses mots auraient pu avoir le même effet sur des citoyens déjà suffisamment désabusés et qui assistaient, impuissants, à la grande dérive qui s’annonçait.

Entendre le Premier ministre, bien qu’il soit lui-même honni par le peuple, parler leur langage («le péché partout» ; «l’argent sale de Tliba et consorts qui finance le FLN» ; «nous demanderons des élections transparentes comme en France ou en Tunisie»…) aurait suffi, comme en 1988, pour faire sortir les citoyens dans la rue.

Ouyahia a été prémonitoire, en disant, dans ce discours, que «cette situation ressemblait à celle qui a précédé les événements d’Octobre 1988».  Il a tenu clairement le FLN, son principal allié, comme responsable du désordre qui régnait déjà dans le pays. Mais il n’a jamais eu le courage de s’en séparer, ni encore moins de dénoncer la tartufferie du cinquième mandat. Au contraire, il l’a accompagné jusqu’au bout. C’est-dire jusqu’à… la prison d’El-Harrach !

H. A.


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