Bruno Blin. Président de Renault Trucks

«Nous avons une vraie usine d’assemblage, on ne fixe pas des roues»



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Installé en Algérie depuis de nombreuses années, avant de décider de lancer une usine d’assemblage à Blida, inaugurée en mars dernier, Renault Truks a facturé, depuis juin 2019 à aujourd’hui, 450 camions.

La satisfaction était visible chez Stéphane Armand, directeur général de Renault Trucks Algérie, présent aux côtés du big boss, Bruno Blin, président de Renault Truks, venu en Algérie voir de près ce qui s’y fait et rencontrer des clients de plus en plus fidèles.

C’est à Bordj El Kifane que Bruno Blin a rencontré, avant-hier, un groupe de journalistes de la presse nationale. Pour lui, le marché algérien est très important. «Il était essentiel pour nous de pouvoir continuer à vendre des produits sur le marché algérien et, compte tenu de la réglementation locale, il nous a fallu installer une usine», a souligné le président de Renault Truks, qui indique que l’usine emploie environ 200 personnes avec 300 emplois indirects. «C’est une vraie usine d’assemblage non pas une usine qui fixe des roues», tranche triomphalement Bruno Blin.

Ce sont 5000 composants qui sont assemblés pour fabriquer un camion. Taux d’intégration locale ? «Nous y travaillons», dit-il. «Il faut bien se rendre compte que dans le camion, on est dans une industrie de haute technologie, et cela veut dire que pour pouvoir intégrer des composants locaux, il faut trouver des fournisseurs qui aient les capacités et le savoir-faire technique, qui puissent nous fabriquer des pièces qu’il va falloir valider avant de les mettre sur les camions», explique le président de Renault Truks. «Il est absolument hors question, précise-t-il, de prendre le moindre risque en termes de qualité sur les camions qu’on va mettre sur le marché algérien.»

Selon lui, «pour intégrer de nouveaux composants dans la fabrication d’un camion, c’est quelque chose qui prend du temps». «Il y a de nombreuses validations à faire, il y a des essais à faire parce qu’on ne fait pas de compromis sur la qualité», affirme-t-il. «Pour l’instant, le niveau d’intégration est relativement faible, mais le niveau d’intégration est déjà dans le fait d’assembler et d’avoir 200 personnes qui travaillent pour assembler les camions chaque jour», estime Bruno Blin. «Pour intégrer, il faut aussi, dit-il, des volumes, parce qu’on est dans une industrie où l’effet volume est important, pour pouvoir industrialiser de plus en plus la fabrication.» «Notre objectif est clairement d’aller plus loin dans l’intégration», promet le président de Renault Truks, indiquant qu’«une équipe travaille déjà avec des bureaux d’études de manière très sérieuse sur l’intégration de composants locaux».

A une question sur le développement de la sous-traitance locale, il souligne que «dans une économie de marché, pour arriver à être compétitifs sur les aspects coût et qualité, il faut des volumes». «Si on peut attirer des fournisseurs automobiles européens ou des investisseurs locaux, pour pouvoir fabriquer des composants au bon niveau de prix et au bon niveau de qualité, bien sûr», déclare Bruno Blin, qui considère que «c’est en attirant et en créant un tissu et un réseau de sous-traitants qu’on pourra mettre en place une industrie».

«Que l’Algérie comprenne que les investisseurs ont besoin de stabilité et visibilité»

Sur le seuil minimal de volume d’une usine, qui peut servir de base d’exportation pour les pays limitrophes, le patron de Renault Truks soutient qu’«il n’y a pas de seuil limites». Cela dépend, selon lui, «beaucoup des technologies». Pour fabriquer une boîte de vitesses, par exemple, combien en faut-il en termes de volumes ? «Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas avec les volumes locaux qu’on arrivera à faire une usine de boîtes à vitesses», répond Bruno Blin, qui explique que «les investissements sont extrêmement conséquents qu’on n’arrivera jamais à être compétitifs». «Il faut être clairs», dit-il. «Si vous me parlez de tôlerie et de pièces métal soudées, je pense qu’avec les volumes de Renault Trucks, on pourra arriver à trouver une solution.» «L’industrie, c’est très compliqué», tranche-t-il. «Si on parle de plasturgie, on va parler de moules et d’investissements lourds, donc là, ça va devenir aussi beaucoup plus compliqué.» «Il n’est pas question de prendre le moindre risque sur l’aspect qualité parce que nos clients ne nous le pardonneraient pas.» «On travaille très fortement pour que ce soit réalisable. Tout dépend de l’énergie qu’on va y mettre.

Tout dépend du tissu industriel et puis tout dépend aussi de la facilité que l’on va avoir pour alimenter notre usine, et cela dépend également beaucoup du marché. Il faut comprendre que pour intégrer des fournisseurs, il faut aussi qu’on vende des camions et l’aspect marché et aussi important», affirme encore une fois Bruno Blin. A propos du marché algérien, ce dernier estime qu’il y a «des hauts et des bas». «Comme industriel, confie-t-il, ce que je veux, c’est avoir de la perspective, de la stabilité.» Selon lui, «c’est important que l’Algérie comprenne que les investisseurs ont besoin de stabilité et de visibilité». «Les réglementations et la législation doivent être, aussi, stables dans le temps», précise Bruno Blin. «Si on investit et que la réglementation change, vous comprenez bien que les industriels vont avoir un peu de difficultés.»

Il explique que «c’est la même chose pour faire de l’intégration et pour attirer des investisseurs qui vont fabriquer des composants pour nos véhicules». «Pour les attirer, il va falloir les convaincre que la réglementation, la législation et le marché vont donner de la perspective et de la visibilité, autrement, ils vont aller investir dans un autre pays», indique le président de Renault Truks, dont l’usine algérienne peut aller jusqu’à la production de 2000 camions l’an. Bruno Blin se fixe, d’ailleurs, comme objectif «de développer le marché algérien, sclérosé depuis deux ans». «Il faut que tout cela redémarre, ce qui n’est pas une petite affaire», juge le patron français, qui espère que «l’économie algérienne aussi reprenne du dynamisme».

Ce qui, selon lui, «devrait permettre aussi d’amener des volumes conséquents à l’usine pour fonctionner, et puis après, pourquoi pas aller vers l’export».


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