Béjaïa

«Campagne» d’affichage des portraits des détenus



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Le mouvement populaire continue à créer ses propres moyens de protestation, refusant de sortir du cadre pacifique qu’il s’impose résolument depuis son tout début.

Pour signifier le rejet de l’élection présidentielle programmée pour le 12 décembre prochain, des citoyens ont investi les panneaux d’affichage destinés aux candidats des prochaines élections, non pour les démonter où les saccager mais pour y afficher les portraits des détenus du mouvement.

L’initiative est observée à Kherrata et dans la ville de Béjaïa, précisément au quartier populeux d’Ihaddaden et il n’est pas exclu qu’elle soit appliquée ailleurs. Cette action tend en tout cas à faire tache d’huile à mesure que la date du 12 décembre approche. La «campagne» d’affichage des portraits des détenus a donc commencé.

C’est un moyen pacifique tout trouvé pour faire passer deux messages : rejet des élections et solidarité indéfectible avec tous les détenus du mouvement populaire dont on revendique la libération.

Ce sont deux mots d’ordre partagés par les dizaines de milliers de manifestants lors des dernières marches où des portraits des détenus sont brandis en nombre. Cette fois-ci ces portraits trouvent bonne place sur d’anciens panneaux d’affichage, les autorités n’ayant pas fait installer de nouveaux ou partager ceux qui existent au nombre des cinq candidats retenus.

Trois jours avant le début prévu de l’improbable campagne électorale, rien n’indique qu’elles le feront. Tout cela est extrêmement complexe, du moins en Kabylie, région dont sont issus la grande majorité des détenus arrêtés lors des marches populaires. Rien n’indique aussi que les directions de campagne s’engageront sur le terrain. Le contexte est tel, que toute campagne d’affichage des portraits des candidats est d’ores et déjà vouée à l’échec.

Le traditionnel phénomène d’arrachage des affiches, qui est passé dans les mœurs populaires, est certain et prendra cette fois-ci un tout autre sens. Outre cette impossibilité pratique, le «génie» populaire a donc trouvé le moyen de se servir des propres «armes» des organisateurs des élections.

L’administration prépare le rendez-vous électoral dans une discrétion totale. Au moindre indice de mouvement pro-élections, il se trouve systématiquement des citoyens qui réagissent promptement en prenant pour cible des personnes ou des espaces concernés.

Cet état d’alerte s’est confirmé il y a quelques jours, lorsque le siège du RND a reçu la visite de citoyens alertés par la présence de ce qu’ils ont supposé être une délégation venue d’Alger pour installer le comité de campagne du candidat Azzedine Mihoubi. Le siège a été fermé depuis et garde des graffitis hostiles au rendez-vous du 12 décembre.

La même réaction a amené des citoyens à observer des sit-in répétés devant le bureau des élections de la commune de Béjaïa, soupçonnant les services communaux de s’affairer aux préparatifs électoraux. La protestation n’a cessé qu’une fois que les manifestants ont obtenu des élus locaux un engagement signé de ne pas s’impliquer dans le scrutin.

Sur 33 élus, six n’ont cependant pas signé. Cette nouvelle façon pacifique de s’opposer à la présidentielle, en affichant les portraits des détenus, met l’accent sur toute la difficulté qui attend les partisans des élections, notamment les candidats en lice, qui peinent à installer leur dispositif de campagne sur un terrain hostile.

Il y a trois jours, lorsque la direction de campagne du candidat Abdelmadjid Tebboune a confirmé la liste de l’équipe qui la représentera à Béjaïa, un véritable lynchage s’est déclenché sur les réseaux sociaux. Douze personnes, dont des élus, sont dans cette équipe de campagne. L’appartenance au FLN de certains d’entre eux confirme le soutien de l’ex-parti unique au candidat Tebboune.

La liste est inaugurée par le nom de Samira Makhloufi, élue FLN et présidente d’une commission à l’APW. Son implication dans les élections a mis mal à l’aise le FFS, qui a la majorité dans l’Assemblée populaire de wilaya, lequel venait d’observer, dans la diversité de sa composante, un sit-in pour dire son rejet des élections prochaines. Mais la gêne est plutôt provoquée par l’alliance que le FFS a contractée avec le FLN au sein de l’Assemblée.

«Chacun assumera ses responsabilités», a réagi le président de l’APW. L’élue n’a pas ressenti le besoin de réagir de son côté. «Je préfère ne pas faire de commentaire», nous a-t-elle répondu.


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