2019... (3e et fin)



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Dernière série d'extraits de nos chroniques de 2019, presque toutes consacrées au Hirak. 

* 26 septembre 2019 : «Aucun des postulants actuels n'est le candidat du consensus mais il ne saurait tarder. Il nous semble qu'il pourrait s'appeler Tebboune et ce raisonnement n'est le résultat d'aucune information qui nous serait parvenue ou autre divulgation de quelque source que ce soit. Elle résulte plutôt de l'analyse des précédentes désignations du pouvoir actuel dont le fil conducteur est la réhabilitation des personnalités ayant résisté au pouvoir oligarchique et subi les outrances de ce dernier. Ceci est valable pour l'actuel ministre de la Justice, M. Zeghmati, courageux, ancien procureur général ayant tenu à boucler Chakib Khelil, très proche de Bouteflika, pour actes de corruption avérés. Cela est aussi valable pour l'ancien ministre de la Justice, M. Charfi, limogé pour avoir «osé» s'intéresser de près au trafic en tous genres du même Chakib Khelil et lancer contre lui un avis de recherche international !
Ce serait donc cette ligne de réhabilitation d'anciennes figures ayant marqué l'opinion publique par leur courage et l'injustice qu'ils subirent, qui semble avoir les faveurs de l'actuelle direction du pays. Et c'est en toute logique que l'on pense à M. Tebboune dont les attaques soutenues — et parfois précipitées — contre les grands noms de l'oligarchie sont restées vivaces dans la mémoire collective. Comme est restée présente dans les esprits l'humiliation qu'il subit au cimetière El Alia, le jour de l'enterrement de feu Réda Malek, quand le duo Saïd Bouteflika-Ali Haddad, accompagnés du syndicaliste des patrons, Sidi Saïd, se fendirent d'un fou rire inapproprié pour la circonstance mais fort révélateur du sort qui attendait le Premier ministre !
Ce serait probablement lui l'homme du consensus. On pourrait également penser à un Rahabi ou Benbitour, ayant eux aussi subi la ‘’hogra’’ présidentielle, mais ces derniers sont trop indépendants et leur conception de la démocratie ne cadre pas avec les ambitions d'un pouvoir n'aimant pas trop les mutations inopinées.»

* 3 octobre 2019 : «En sortant de l'ère Bouteflika, un Rebrab pensait qu'il allait enfin pouvoir investir en toute liberté dans son pays, lui qui est convoité par la France, le Maroc, beaucoup de pays africains et même par le Brésil. Il ne pensait pas finir en prison pour des délits qui sont passibles de fortes amendes. Louisa Hanoune, militante socialiste depuis des lustres, pensait qu'il n'était pas convenable de ne pas répondre à l'invitation du vrai chef d'Etat pour des consultations politiques. Sa vie de militante est passée aux oubliettes, comme son amour et ses sacrifices pour l'Algérie républicaine. Elle est condamnée à 15 ans de prison. Parce qu'ils ont parlé librement, Boumala, Karim Tabbou et le moudjahid Bouregaâ croupissent dans les geôles de la République. Pensons à cet homme malade, au bout du rouleau qu'est le général Benhadid. Quant à Ghediri, on ne sait même pas pourquoi il est emprisonné. Ce ne sont pas des criminels, ni des voleurs. Et que dire de ces simples manifestants traînés devant les tribunaux... En se libérant, la justice perd parfois la boussole !
Ne livrons pas des armes à nos ennemis ! Agissons avec hauteur de vue et sachons toujours faire la différence entre ce qui est fondamental et ce qui ne l'est pas ! Donnons une gifle à ces agents du mal et du chaos en libérant ces enfants de l'Algérie nouvelle et ce vieux Monsieur qui a tant souffert dans les maquis.
Notre engagement en faveur de l'armée est une constante qui n'a jamais connu la moindre variabilité depuis toutes ses interventions en faveur d'une Algérie unie et forte. Et c'est au nom de cet engagement fort, réfléchi et renforcé depuis que nos forces armées ont refusé de réprimer le peuple sorti le 22 février 2019 que nous appelons à l'apaisement, le vrai !
Vous  allez  me  dire : et Baha-Eddine Tliba ? J'ai tellement écrit sur lui avant 2019 que je n'ai plus envie de rajouter une seule ligne. Si quand même, car je pense que vous faites allusion au feuilleton déclenché cette semaine. Ma conviction est qu'il va réapparaître comme si de rien n'était... Je n'aime  pas les feuilletons !»

* 21 novembre 2019 : «A ces candidats qui se proclament du “novembrisme” de bien s'imprégner des valeurs et principes qui marquent ce concept. La bande oligarchique qui a mené l'Algérie à l'impasse se disait aussi “novembriste” ! Des courants obscurantistes, ennemis du modernisme, du progrès social et des libertés individuelles se présentent également sous les mêmes couleurs ! Et pourtant, le ‘’novembrisme’’ n'a qu'une seule adresse : elle est incrustée en lettres d'or dans l'esprit révolutionnaire, dans l'intérêt collectif, dans le développement indépendant, dans la satisfaction des besoins essentiels des populations, dans leur émancipation, dans l'égalité des chances, dans la juste répartition des richesses, dans l'anti-impérialisme et le soutien aux peuples qui luttent contre les occupations étrangères et les plans destructeurs des puissances expansionnistes !
L'Algérie a besoin d'hommes en mesure de dessiner un nouveau projet mobilisateur, un puissant souffle novateur capable de soulever les passions et hisser les jeunes vers les cimes du patriotisme et du don de soi, une voie qui fera retrouver à cette jeunesse l'enthousiasme de nos vingt ans, quand, désireux de payer notre dette vis-à-vis de la génération précédente — celle des moudjahidine —, nous sortions en masse dans les campagnes, pour offrir nos vacances aux paysans pauvres et sans terre, dans un élan fraternel et désintéressé, en vue de les rapprocher du progrès.
Oui, nous étions ‘’novembristes’’ sans le savoir.»

* 12 décembre 2019 : «Avec une direction représentative, le Hirak aurait eu la possibilité de savoir où il mettait les pieds et dans quelles directions avancer. Il aurait pu construire des ponts de rencontre et de concertation avec le mouvement politique et associatif. Il aurait pu s'imposer comme interlocuteur du pouvoir (...) En d'autres termes, avec une direction représentative, il aurait été possible d'aller vers cette transition démocratique tant souhaitée ! Ainsi, on comprend mieux les arguments de ceux qui nous disent qu'il est impossible de dialoguer avec les millions de personnes qui marchent dans les rues. Et dès qu'on parle aujourd'hui de telle ou telle personnalité pour représenter le Hirak, il y a une levée de boucliers. Oui ! La division a fait son effet !»

*19 décembre 2019 : «Ce pouvoir, pour prouver qu'il est réellement nouveau et qu'il veut bâtir une nouvelle République, doit rompre d'une manière radicale avec le clientélisme politique et détruire les ponts qui le reliaient à cette faune de malfaisants. Mais que veut dire la volonté du Président élu de ne pas créer de parti ? S'agit-il d'une manœuvre pour revenir à la même base électorale qui a toujours voté pour le puissant du moment ? Si tel n'est pas le cas, comment gouverner sans force politique, surtout que la nouvelle Constitution va donner plus de poids aux instances élues - selon les dernières déclarations de M. Tebboune ? Devant lui, il n'y a pas mille choix. Ou il crée un nouveau parti — et c'est ce qu'il refuse — ou alors...
Oui, l'idée paraît folle mais il faut la creuser car cet homme d'expérience, qui compte de nombreuses années dans les rouages de l'Etat algérien, sait très bien que sans base politique forte, il butera sur d'infinis écueils. Et si M. Tebboune voulait rompre définitivement avec le passé et tourner la page une fois pour toutes ? Et s'il avait pour plan caché de pousser le Hirak à se constituer en force politique pour participer d'une manière efficiente au pouvoir ? Et son souhait de faire appel à des jeunes, compétents et intègres, ne s'adresse-t-il pas, en premier, aux forces éclairées du Hirak ? Nous rêvons peut-être mais ce serait la meilleure manière de donner des signaux forts de la volonté de changement et d'en finir avec le folklore des adorateurs de cadres en bois ! Rien, dans l'absolu, ne s'oppose à cette jonction qui paraît surréaliste et irréalisable. Cependant, le dialogue auquel a appelé M. Tebboune peut, au cas où il se tiendrait, déverrouiller le chemin...
Mais ne faut-il pas déjà commencer par libérer des femmes et des hommes dont le seul crime est d'avoir exprimé des opinions politiques ou porté des fanions reflétant simplement leur appartenance identitaire. La balle est dans le camp du pouvoir !»
M. F.

PS 1 : Drôle de réponse de Trump aux représentants du peuple irakien. La première démocratie du monde est-elle encore une démocratie ? Le Parlement irakien a demandé aux troupes étrangères de quitter le pays : «Go Home !» Et Trump de menacer : «Si nous sortons, vous le paierez cher ! Sanctions et remboursement des frais occasionnés par la gestion des bases US !» Mais qui a donc demandé aux troupes impérialistes de venir en Irak ? 
PS 2 : Je me demande si la solution politique existe en Libye. Les États pourvoyeurs d'armes et intéressés par la domination de ce pays voisin n'ont aucun intérêt à faire cesser les hostilités. Ils suivent leurs agendas et ces derniers obéissent à des intérêts sionistes très clairs. Dans ces conditions et tout en restant un objectif noble, la paix semble irréalisable pour le moment. L'angélisme algérien ne servira probablement à rien quand les mercenaires et les terroristes débarqués par les deux camps s'affronteront à nos portes! Il n'y a pas si longtemps, les attaques des gendarmeries de Tamanrasset et Ouargla, ainsi que l'enlèvement de nos diplomates à Gao, n'ayant provoqué aucune réaction de notre pays, nous eûmes droit à Tiguentourine ! A méditer !


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