Ferhat Aït Ali Braham étale la nouvelle stratégie de l’industrie automobile

«Les étrangers ne seront pas obligés de s’associer à un partenaire local»



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L’industrie est depuis la nomination du nouveau gouvernement au-devant de l’actualité. Hier encore, le nouveau ministre du secteur, Ferhat Aït Ali Braham, est revenu sur les grandes décisions que l’Exécutif s’apprête à prendre.

D’abord le dossier brûlant de l’automobile. Selon lui, le nouveau cahier des charges, qui sera prêt dans deux mois, n’obligera pas «l’investisseur à s’associer à un partenaire national, mais lui imposera d’apporter le financement et le savoir-faire». Les pouvoirs publics travailleront également afin de permettre aux opérateurs de l’industrie automobile existant en Algérie de «s’intégrer dans les clauses du nouveau cahier des charges».

Ce dernier, a affirmé le ministre de l’Industrie et Mines, au Forum du quotidien El Moudjahid, imposera la réalisation initiale de certains équipements, tels que le carrossage dans le but d’avoir, dès le début, une coque et un châssis algériens.

Ferhat Aït Ali, qui a réitéré «la volonté du gouvernement de lancer une industrie automobile sérieuse en Algérie», a parlé également de l’importation des véhicules de moins de trois ans. En rappelant la mise en place d’un groupe de travail regroupant les ministères de l’Industrie, du Commerce et des Finances, pour fixer les conditions de l’importation des véhicules de moins de trois ans, l’invité du Forum d’El Moudjahid, qui a indiqué que ce groupe poursuivait toujours son travail pour lancer de manière effective l’opération d’importation, semble émettre encore des réserves quant aux véhicules roulant au diesel. Selon lui, «le gasoil en Europe n’est pas le même qu’en Algérie».

Faut-il comprendre par là que l’importation des voitures «diesel», intégrée par les députés lors de la présentation du projet de loi de finances 2020, ne sera pas autorisée ? Tout porte à le croire, même s’il faudra attendre le texte qui sera élaboré par le groupe de travail.

Le ministre de l’Industrie et des Mines abordera aussi la question des prix en disant : «Le citoyen doit savoir que la différence entre les prix des véhicules de moins de trois ans et ceux des voitures neuves n’est pas grande, notamment du fait de la valeur du dinar sur le marché parallèle, sans compter les droits de douane.» Sur l’intégration de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) à l’industrie militaire, Ferhat Aït Ali Braham dira que l’objectif de cette démarche est de maintenir en activité cette entreprise publique, tout en offrant à l’industrie militaire des équipements, au lieu que l’Etat investisse dans de nouveaux équipements.

Concernant le complexe sidérurgique d’El Hadjar, le ministre n’a pas écarté la possibilité de le mettre également sous la tutelle de l’industrie militaire. Son argument : «Nous avons besoin de discipline. Nous avons créé une industrie de rentiers et je pense que l’industrie militaire est la seule à pouvoir imposer une discipline de travail.»

Le ministre de l’Industrie et des Mines a, par ailleurs, longuement expliqué la nouvelle vision du gouvernement dans les secteurs industriel et minier qui est fondée, selon lui, sur «une politique simple qui encourage l’investissement réel et rentable et le gain de productivité». Mais cela passera par la révision des textes législatives afin de «lever toute opacité et les failles exploitées par certaines parties». «Nous travaillons d’arrache-pied sur la révision des textes législatifs et réglementaires régissant l’investissement local et étranger, et ce, afin de lever tout opacité dans les textes», a affirmé le ministre.

Et les principaux textes concernés par cette révision, annonce-t-il, sont le code de l’investissement, la règle du 51/49 régissant les investissements étrangers en Algérie. Il sera également question de la révision des missions de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), la révision de la gestion du foncier industriel et du droit de préemption «qui demeure parmi les principaux obstacles à l’investissement».

«Les assembleurs peuvent continuer sans les avantages douaniers et fiscaux»

Le nouveau code de l’investissement «limitera au maximum le recours aux administrations chargées de gérer le secteur de l’investissement», promet le ministre, qui a annoncé l’introduction de délais à toutes les administrations impliquées dans l’acte d’investir pour répondre rapidement à toutes les doléances des opérateurs économique.

Dans le but de donner des assurances et d’offrir une meilleure visibilité aux investisseurs dans la durée, Ferhat Aït Ali Braham a plaidé pour le maintien des dispositions du futur code national de l’investissement sur le long terme. «Lorsque nous promulguerons le nouveau code de l’investissement, nous osons espérer qu’il tiendra au moins cinq ans», a-t-il insisté. Selon lui, les premières dispositions de ce nouveau code seront présentées dès le mois d’avril prochain.

A propos de l’Eniem, qui a connu ses dernières années beaucoup de difficultés, le ministre de l’Industrie a indiqué que l’Algérie compte près de 108 entreprises locales et étrangères d’assemblage dans l’électroménager et l’électronique avec des niveaux d’intégration variables. «Cette concurrence est en quelque sorte à la base des difficultés d’ENIE et d’Eniem, outre les intrusions politiques administratives», a expliqué l’invité du forum économique d’El Moudjahid, en précisant que la problématique ne réside pas dans l’existence de ces entreprises privées mais plutôt dans «les facilités qu’on leur a accordées depuis 20 ans». «Il existe une fiche d’évaluation annuelle du taux d’intégration national de ces entreprises, alors que les moyens notamment techniques n’ont pas été mis en œuvre pour ce type d’évaluation», a estimé Ferhat Aït Ali Braham.

Pour lui, il est «anormal que cette évaluation soit déclarative». Il préconise en effet le retour au régime général pour l’aspect fiscal concernant les assembleurs électroniques et électroménagers, dont le taux d’intégration reste faible. «Ils peuvent poursuivre leur activité mais sans les avantages douaniers et fiscaux», a tranché le ministre qui a affirmé que toutes ces questions seront débattues lors d’assises nationales sur l’industrie, qui se tiendront au cours des prochains mois. 


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