Le complexe El Hadjar, l’Industrie militaire et les groupes publics

Les solutions préconisées



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Lors de sa rencontre avec la presse, mardi dernier, Ferhat Aït Ali a également abordé la question des groupes publics qui sont, selon lui, de grandes difficultés financières. «La première problématique est d’ordre structurel.»

«Depuis le début des années 1990, sous la pression des institutions financières internationales, on s’est orientés vers le secteur privé, mais sans assurer la complémentarité avec le secteur public», juge le ministre, qui critique les politiques de privation de privatisation qui n’étaient fondées pas sur des plans bien étudiés. «Je ne suis pas contre la privatisation en tant que telle, si elle était bien réfléchie, surtout l’abandon des sociétés qui faisaient dans la semi-transformation des matières premières locales», estime le ministre, pour qui «les complexes industriels publics devaient être la base qui fournit les complexes privés, les PME-PMI».

Alors qu’on imposait un nombre précis d’employés par un simple coup de fil, laissant les groupes publics se débattre dans des problèmes complexes, on permettait le financement des projets fictifs. Avec un plan de charge diminué et des sureffectifs imposés, les complexes industriels ne pouvaient qu’aller vers la faillite. «C’est cette situation que nous sommes venus changer», indique le ministre de l’Industrie en annonçant qu’«aux groupes publics que nous considérons stratégiques, on a demandé de nous présenter le plan de leur relance (assainissement, redressement et redéploiement)». «Même la restructuration si besoin est», a-t-il précisé.

«Ce sont eux qui sont chargés de présenter leurs propres études», a déclaré Ferhat Aït Ali, qui refuse que ces usines prétendent, comme cela se faisait dans le temps, à l’assistanat. «On leur a demandé, dit-il, de présenter des plans qui ne s’appuient pas uniquement sur le financement.» «Si elles ont besoin de plus d’argent, à condition d’amorcer une véritable relance, on est partants», promet le ministre, qui croit en les leurs capacités de redéploiement. «Ces groupes ont été victimes d’une concurrence déloyale», estime-t-il en donnant l’exemple d’Enie et l’Eniem, qui étaient concurrencés par l’importation déguisée, cette dernière bénéficiant de tous les droits et avantages fiscaux.

Ferhat Aït Ali affirme qu’on a massacré ces tissus industriels. Ces entreprises, qui ont continué tout de même à vivoter avec les aides de l’Etat, occupent aujourd’hui une bonne place dans la nouvelle stratégie industrielle. Et le nouveau cahier des charges est conçu pour lancer une véritable industrie.

Pour ce qui est de ce qu’on appelle l’industrie militaire, le ministre a pris le temps d’expliquer la démarche du gouvernement. Selon lui, «l’institution militaire ne va pas demander à ce que tout le secteur public s’engage». «Il y a, dit-il, des besoins économiques stricto sensu.» «La SNVI entre dans le cadre d’une stratégie bénéfique pour les deux segments de production militaire et civil» précise-t-il en soulignant que le ministère de la Défense est dans son droit de mettre en place une industrie militaire nationale qui produit des équipements dont a besoin l’armée. «La SNVI a un problème financier, et sa relance nous aurait beaucoup coûter», estime le ministre.

Selon lui, «dès que le ministère de la Défense a manifesté son intérêt pour la base industrielle de la SNVI pour une industrie militaire, on vu qu’on peut atteindre deux objectifs en même temps». «On a réglé le problème du complexe industriel, qui doit avoir un plan de charge et une politique de restructuration, et on a trouvé l’opportunité de jeter les bases d’une industrie militaire», explique Ferhat Aït Ali, qui a abordé également la question du complexe sidérurgique El Hadjar. «J’ai dit que si le ministre de la Défense le demande, je le cède», rappelle-t-il avant de revenir sur la situation de ce mastodonte des années 1970. «Quand on parle d’El Hadjar, souligne-t-il, on parle du Haut-Fourneau et du traitement du minerai.» «Avant, le complexe produisait la plaque de fer lourde, des profilés métalliques destinés à l’industrie lourde, qui comprend l’industrie militaire.

Ces dernières années, cette chaîne est à l’arrêt», enchaîne le ministre, qui pense d’ailleurs que certaines unités sont plus rentables à l’industrie militaire qu’à l’industrie civile. «Si le ministre de la Défense les demande, on va négocier», déclare le conférencier, qui parle de propositions et de négociations en cours. Selon lui, «ce sera bénéfique, car l’industrie militaire va économiser le budget de l’Etat destiné aux équipements militaires». «Il n’y a pas un pays dans le monde où le secteur militaire ne tend pas à s’autonomiser en matière de matériel», soutient encore le ministre, qui ne comprend pas l’agitation autour de cette démarche en polémiquant sur la militarisation de l’économie. «La même chose pour le textile, dit-il, le MDN ne produit que ce qui entre dans le cadre de ses besoins.»

Reconnaissant qu’El Hadjar est un géant aux pieds d’argile, Ferhat Aït Ali indique que l’étude est en préparation. Des questions se posent sur le fait du maintien d’El Hadajr sur des créneaux où il n’avait pas sa place. Il produit le rond à béton qu’il vendait bien malgré la concurrence. Aujourd’hui, estime-t-il, la donne a changé.

Il y a plusieurs complexes privés des joint-ventures avec des étrangers. Ferhat Aït Ali pense, en effet, que cela a été une erreur de le maintenir dans ses activités de l’amont et l’aval alors que ses concurrents sont dans la transformation finale. L’idée donc est de les dissocier, suggère le ministre, qui parle d’un début de solution bien que «cela demande du temps car les problèmes datent de 40 ans».

Qu’ont fait ces entreprises pour le gouvernement ? s’interroge le ministre, pour qui si on doit les dédommager en fonction de leurs déclarations fiscales, elles ne prendront pas ce qu’elles sont en train de prendre. «Les entreprises, quand il fait beau, nous demandent de ne pas nous ingérer dans leurs affaires et quand il fait mauvais, elles nous demandent de leur acheter un parapluie», indique Ferhat Aït Ali, qui promet que «cela ne se passe plus comme ça». «Ailleurs, l’Europe a dégagé 750 milliards d’euros pour sauver les entreprises, mais cette aide, c’est pour le consommateur afin qu’il puisse acheter leurs produits», précise le ministre. «En termes de non-payement des cotisations, la Sécurité sociale et les impôts en Europe, c’est la minorité.

Ici, c’est plutôt l’inverse», souligne le ministre de l’Industrie. «J’ai reçu les représentants du secteur économique algérien productif ou commercial, surtout les grosses entreprises, qui disent que ces deux mois ils n’ont pas de quoi tenir», indique-t-il, avant de poursuivre : «Ce sont les mêmes gens qui il y a deux ans disaient qu’ils avaient 40 milliards de dollars de chiffres d’affaires, plus que le secteur public, qui demandent des avantages.»


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