Crise sanitaire

Shell sabre la valeur de ses actifs à cause du coronavirus



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Le géant pétrolier Royal Dutch Shell a massivement dévalué la valeur de ses actifs à cause de l’impact du coronavirus sur la demande et des changements durables du marché, deux semaines après une mesure similaire de son rival BP.

Il va passer une charge de dépréciation d’actifs de 15 à 22 milliards de dollars dans ses comptes du deuxième trimestre, pour refléter les perspectives nettement plus sombres qu’auparavant des prix de l’or noir et des marges de production à cause de «l’impact de la pandémie de la Covid-19», souligne-t-il dans un communiqué, repris par l’AFP. Le virus a forcé les gouvernements du monde entier à mettre leur économie sous cloche, faisant fondre la demande d’énergie, ce à quoi s’ajoutent une surproduction chronique et les mesures de lutte contre le changement climatique qui pèsent sur la demande à long terme et par ricochet sur les cours de l’or noir.

Le groupe table désormais sur un baril en moyenne à 35 dollars cette année, un prix ne permettant généralement pas aux «majors» de générer des bénéfices, écrit l’agence française. Le cours du brut avait démarré 2020 autour de 60 dollars avant de plonger à partir de mars, tombant même brièvement en territoire négatif pour la première fois de son histoire en avril. Les désaccords au sein de l’Opep, l’organisation des pays exportateurs de pétrole, et de ses alliés de l’Opep + dont la Russie, n’ont fait qu’exacerber ces tendances en mars avant un accord pour limiter la demande et tenter de soutenir les prix de l’or noir. D’après David Madden, analyste de CMC Markets interrogé par l’AFP, ces dépréciations augurent d’une «énorme perte» au deuxième trimestre.

Au premier trimestre, Royal Dutch Shell était déjà tombé dans le rouge à cause du plongeon des cours du brut en mars, ce qui l’avait conduit à réduire son dividende pour la première fois depuis les années 1940. Pour Nicholas Hyett, analyste chez Hargreaves Lansdown, la question est à présent de savoir si «Shell est suffisamment pessimiste». Il y a deux semaines, le rival de Shell, BP, avait déjà annoncé des dépréciations de 13 à 17,5 milliards de dollars pour les mêmes raisons, après avoir dévoilé un plan de suppression de 10 000 emplois dans le monde pour réduire son périmètre et s’adapter à un environnement moins favorable au brut, d’autant qu’il s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050, sans avoir pour l’instant expliqué comment y parvenir. «Shell réalise enfin ce que les militants et investisseurs avertis font valoir depuis des années : l’urgence climatique va réduire la valeur du pétrole», a réagi l’organisation écologiste Greenpeace.

Elle ajoute que le patron de Shell, Ben van Beurden, «doit maintenant s’orienter vers les énergies renouvelables pour protéger l’avenir de la planète et celui» du groupe.


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