10 wilayas durement frappées par la Covid-19

Qu’attendent les walis pour agir ?



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Les membres du conseil scientifique chargé du suivi de la pandémie estiment que la réglementation en vigueur donne toute la latitude aux walis.

La montée vertigineuse des chiffres relatifs à la Covid-19 ces dernières semaines inquiète sérieusement les spécialistes et appelle les pouvoirs publics à prendre immédiatement les mesures qui s’imposent face à cette épidémie, notamment dans les régions où le virus est très actif.

Le nombre de cas d’infection est en augmentation dans plusieurs wilayas du pays, les structures souffrent d’indisponibilité de lits d’hospitalisation, dont certaines aménagent des matelas à même le sol, et le personnel médical et paramédical est à bout.

«Que veulent-ils de plus ? Qu’attendant les walis pour passer à l’action ? Ils ont toutes les prérogatives pour décider du confinement et la réquisition des lieux dédiés à l’isolement des cas suspects de Covid-19.» Ce sont autant d’interrogations des professionnels de santé qui sont aujourd’hui sur le terrain et font face quotidiennement à des grappes de personnes qui arrivent dans les hôpitaux.

Les membres du conseil scientifique chargé du suivi de la pandémie estiment que la réglementation en vigueur, en l’occurrence les instructions du Premier ministre du 29 juin dernier et le décret exécutif portant les mesures de prévention et de lutte contre la Covid-19, donne toute la latitude aux walis de «procéder au confinement partiel ou total ciblé d’une ou de plusieurs localités, communes ou quartiers connaissant des foyers ou des clusters de contamination».

Le Pr Smaïl Mesbah, membre du conseil scientifique du suivi de la pandémie, explique que le recours au confinement est dicté par la situation épidémiologique dans la région ou la localité.

«Tant que la courbe épidémiologique connaît une hausse du nombre de nouveaux cas quotidiens, cela veut dire qu’il y a une transmission active du virus, d’où le cluster qui peut devenir un grand foyer épidémique avec un risque d’extension. Des actions urgentes s’imposent, tel que le confinement du quartier, de la cité ou de la commune.

Aujourd’hui, la réglementation est claire et les walis sont autorisés à le faire», a-t-il indiqué. Et de préciser : «Ces actions se résument à la mise en place d’un cordon sanitaire au niveau de la localité concernée durant une période de 14 jours avec des restrictions pour la circulation des personnes en fixant des horaires pour les déplacements et l’interdiction des regroupements.»

«Par ailleurs, des enquêtes épidémiologiques sont menées pour identifier les cas contacts et les cas suspects qui doivent être confinés soit chez eux, dans les structures dédiées ou à l’hôpital pour ceux qui sont symptomatiques présentant des formes graves», a-t-il ajouté.

Interrogé à propos de la nouvelle instruction relative à l’utilisation du scanner thoracique (TDM), le Pr Mesbah souligne de prime à bord que «le scanner a été préconisé au début de l’épidémie comme complément pour le diagnostic et non pas pour dépistage de la Covid-19.

La note ministérielle est claire là-dessus et les recommandations précisent à quel moment le TDM doit être utilisé, tout en prenant en compte le lien épidémiologique, la symptomatologie et autres critères. La décision revient aux médecins. Le scanner n’est pas interdit, mais il ne doit être prescrit que lorsque l’indication est nécessaire. La réactualisation des recommandations a été faite suite au recours excessif du TDM pour le dépistage de la Covid-19».

Pour le Pr Abderrezak Bouamara, chef de service d’épidémiologie au CHU de Blida, la multiplication des foyers épidémiques dans la wilaya, épicentre de l’épidémie, suscite de vives inquiétudes. Il plaide pour un placement systématique des cas suspects, avec surveillance médicale, dans les centres dédiés.

Il signale que «sur 29 communes que compte la wilaya de Blida, 25 d’entre elles abritent des foyers d’infection, pour la majorité d’origine familiale» et appelle à mettre en place des actions en urgence avant que ces foyers ne se propagent.

«Nous enregistrons un rebond de l’épidémie , comme cela est constaté ailleurs dans le monde, mais nous devons agir rapidement pour contenir ces foyers épidémiques qui constituent une menace et un risque d’une deuxième vague si on n’arrive pas à les maîtriser.»

Et de revenir sur les principaux indicateurs épidémiologiques qui déterminent le classement et la nature de l’épidémie, qui passe du vert à l’orange et au rouge, puis vice versa.

Pour le Pr Bouamara, ces indicateurs épidémiologiques, qui sont d’abord l’incidence, soit le nombre de nouveaux cas par 100 000 habitants, le R0, le taux d’occupation des lits de réanimation et le taux de décès hebdomadaire ou journalier sur la situation actuelle dans la wilaya de Blida, justifient parfaitement l’urgence de passer à l’action.

La situation semble similaire dans les wilayas où siègent des foyers épidémiques de la Covid-19.

Parmi ces wilayas qui ont enregistré des records en termes de nouveaux cas au 5 juillet, il y a Sétif (60 cas), El Oued (54), Oran (31), Tipasa (25), Alger (20), Constantine (20), Blida (18) et Béjaïa (14 cas). Des wilayas qui ont atteint, voire dépassé les seuils de vigilance en termes d’incidence.  Qu’attendent les pouvoirs publics pour agir ? 


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