Le conseil scientifique redoute une situation incontrôlable



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Le conseil scientifique du suivi et de l’évolution de la pandémie évoque une situation inquiétante.

Certains hôpitaux, notamment dans la capitale et des wilayas du Centre, commencent à être débordés et le retour au confinement risque d’être la solution pour faire baisser la courbe épidémiologique. Le Pr Réda Mehyaoui, chef de service de réanimation au CNMS et membre du conseil scientifique, est formel. «Nous suivons de très près la situation, qui est effectivement inquiétante. Les contaminations augmentent de jour en jour à une vitesse inquiétante.

Il faut une mobilisation de tous pour faire barrage à la propagation du virus. Nous devons assumer nos responsabilités individuelles et collectives», a-t-il souligné, appelant à plus de vigilance en évitant les regroupements, les contacts et à favoriser le télétravail. «La lutte contre la Covid-19 est l’affaire de tous», a-t-il lancé.

Le respect des mesures sanitaires demeure l’unique moyen pour se protéger contre l’infection, car «pour le moment, il n’y a ni traitement ni vaccin», a-t-il ajouté. Et de déplorer : « Ce n’est pas normal que des cas suspects de Covid-19 avec des symptômes apparents continuent de se rendre à leur travail, volontairement ou par obligation des employeurs, au risque de contaminer leurs collègues.»

«D’ailleurs, nous enregistrons actuellement des foyers épidémiques dans des entreprises publiques et privées. Lesquels se multiplient en milieu familial, suite à des regroupements à l’occasion des fêtes et des mariages. Nous devons respecter les recommandations relatives au confinement obligatoire pour tout cas suspect de Covid-19», a-t-il rappelé   dans un ton alarmant.

«La situation risque d’être incontrôlable et la solution sera le confinement pour casser la chaîne de contamination et une éventuelle deuxième vague», a-t-il averti. Au vu des derniers chiffres enregistrés ce mois d’octobre, les hospitalisations pour Covid-19 ont augmenté de plus de 20% à la fin de la semaine dernière.

Les hôpitaux arrivent à saturation après avoir été brutalement surpris par le flux de malades dès le début du mois. Les services d’urgences dédiés à la Covid, appelés communément service de tri, sont actuellement débordés pour faute de lits d’hospitalisation.

Les cellules de crise chargées de la gestion et du suivi de la pandémie se sont vues prises de court et tentent tant bien que mal de réorganiser les services pour faire face à une éventuelle nouvelle vague. Laquelle pourrait mettre à rude épreuve les personnels soignants déjà éprouvés par une charge de travail soutenue durant huit mois.

Les contaminations en augmentation

Le dernier bilan, présenté jeudi dernier par le conseil scientifique, fait état d’un total des cas confirmés qui s’élève à 57 332, dont 306 nouveaux cas, celui des décès de 1949 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 39 819, a précisé le Dr Fourar lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Il signale que 21 wilayas ont recensé durant les dernières 24 heures moins de 9 cas, 17  n’ayant enregistré aucun cas, alors que 10 autres ont enregistré plus de 10 cas.

«Au 24 octobre, le nombre total de patients hospitalisés dans les structures de santé à l’échelle nationale est de 3416 patients, dont 251 sont en réanimation, soit 7,3% de l’ensemble des cas», relève le dernier bulletin épidémiologique de l’Institut national de santé publique (INSP).

Il est à signaler que la région Centre enregistre un taux d’incidence de 143,80 cas pour 100 000 habitants, soit un accroissement hebdomadaire de 3,3%. Ainsi, selon les mêmes données du bulletin de l’INSP, cinq wilayas observent des taux d’incidence supérieurs au taux régional, à savoir Bouira (170,20), Alger (174,50), Béjaïa (204,50), Tipasa (205,31) et Blida (323,46 cas pour 100 000 habitants).

«Les wilayas qui observent les taux d’accroissement les plus élevés au cours des sept derniers jours sont Tizi Ouzou (6,0%), Béjaïa (5,7), Boumerdès (4,7%) et Alger (4,3%). Bordj Bou Arréridj et Aïn Defla n’ont notifié aucun cas cette semaine», notent les rédactions du bulletin,  précisant que «les wilayas avec une incidence supérieure à 200 cas pour 100 000 habitants sont  Blida (323,46), Oran (227,92), Annaba (216,91), Tindouf (212,36), Tipasa (205,31) et Béjaïa (204,50).

Dans l’ensemble, on constate une nette augmentation des hospitalisations des patients atteints de Covid-19 à partir de la première semaine d’octobre pour les deux régions Centre et Est ». Ce qui montre bien qu’il y a une reprise de l’infection de Covid-19 à travers le pays avec une tendance à la hausse dans certaines wilayas dont les cas sont confirmés exclusivement par la PCR, alors que les cas diagnostiqués par le scanner thoracique ne sont pas notifiés.

D’aucuns relèvent que le diagnostic du nombre réel de cas de Covid -19 reste encore au deçà de la réalité. L’équipe de l’INSP a révélé à travers son étude que «la part des PCR dans le diagnostic de l’infection Covid-19 est faible, un peu plus du tiers des cas diagnostiqués.

Aucune des sous-régions n’atteint le seuil de 50%», a-t-on noté. Un constat confirmé par de nombreux praticiens, à défaut de PCR, ils se contentent désormais du tableau clinique des patients qui se présentent aux urgences pour décider de la conduite à tenir.

Les formes bénignes sont rarement notifiées et elles échappent aux mailles du filet, puisque la majorité des cas ne consultent pas et quand c’est le cas ils sont rarement déclarés, puisque ils ne bénéficient pas de test PCR.

«Ils demeurent alors des cas suspects comme c’est le cas des personnes diagnostiquées au scanner thoracique (TDM+), hospitalisées et traités mais non notifiées comme Covid positif, même lorsque ces personnes décèdent», déplore un spécialiste qui s’inquiète de l’évolution de l’épidémie dont les chiffres augmentent tous les jours et l’absence d’une stratégie de dépistage, de traçage et d’isolement, notamment avec l’arrivée la grippe saisonnière.

«Le nombre de personnes qui arrivent à l’hôpital est significative de cette hausse. Ce sont des grappes de familles qui arrivent aux urgences. Tous les membres de la famille qui sont atteints sauf que certains présentent des formes bénignes s’en sortent alors que les plus vulnérables atterrissent en réanimation et malheureusement des décès surviennent tous les jours», témoigne un médecin résident, qui souligne que «l’accroissement des taux d’occupation des lits en réanimation explique bien cette recrudescence des cas graves».

Et d’appeler à plus de vigilance et au respect des mesures barrières. Dans un message posté sur sa page Facebook, un médecin réanimateur alerte : «Le CHU Beni Messous est complètement saturé, la réanimation ainsi que le ‘‘déchocage’’ sont pleins.

Le nombre de formes graves augmente d’une manière inquiétante et le personnel de la santé est très épuisé sans parler du moral des troupes après huit mois de combat. Protégez-vous, arrêtez le massacre, il y va de la vie de vos proches et vos parents.»


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