La pédagogie

le maillon le plus faible de la chaîne



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Si les parents d’élèves se sont réjouis de cette reprise, après une fermeture qui a duré plus de cinq mois, les enseignants avaient, justement, des appréhensions.

La rentrée scolaire 2020/2021 est intervenue cette année dans un contexte particulier, marqué par la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. A quelques jours de la fin du premier trimestre, quel bilan pédagogique peut-on tirer de cette rentrée scolaire ?

La pédagogie a-t-elle été adaptée au changement opéré, ou alors les enseignants ont-ils continué à travailler selon le schéma classique ?

Si les parents d’élèves se sont réjouis de cette reprise, après une fermeture qui a duré plus de cinq mois, les enseignants avaient, justement, des appréhensions, dont certaines se sont confirmées, notamment en ce qui concerne la méthodologie de travail, le manque de moyens et la pression qu’ils subissent au quotidien.

Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), parle d’un bilan «mitigé».

«Rouvrir les écoles et permettre aux élèves de retourner sur les bancs des classes est l’objectif que s’est assigné le pouvoir. La sociabilité est une bonne chose, mais ce qui a fait défaut, c’est la pédagogie qui se fait dans un cadre difficile, car elle n’a pas été adaptée au nouveau contexte. Donc, la méthode suivie ne nous permet nullement d’avancer», tranche M. Meriane. Très sévère dans son constat, le coordinateur du Snapeste estime qu’il n’y a pas eu de préparation ni de formation des enseignants.

«On a voulu, résume-t-il, faire du gardiennage.» M. Meriane rappelle que la pandémie de Covid-19 a imposé aux enseignants de respecter la distanciation sociale et, pour ce faire, les cours se déroulent par groupes, avec des conséquences très difficiles pour avancer dans le programme. Pour les écoles possédant suffisamment de salles de cours, les élèves, dit-il, sont totalement pris en charge.

Leur volume horaire hebdomadaire est diminué à peine de six, voire huit heures, mais les établissements ne possédant pas assez de salles sont obligés de prendre les élèves un jour sur deux, voire un jour sur trois. «Le volume horaire de l’enfant est divisé par deux. Au 31 janvier, ils ont réalisé ce qu’on a l’habitude d’accomplir en un mois et demi de travail. A ce rythme, en mai on n’aura réalisé qu’un trimestre de travail normal, vu que le volume horaire de l’enfant travaillant par groupe est divisé par deux», explique le syndicaliste, qui a suggéré de passer à la méthode d’enseignement pédagogique interrogative au lieu de celle appliquée en temps habituel, en vain.

«On aurait dû faire des résumés très succincts des cours, supprimer certaines notions théoriques et les mettre sous forme pratique, c’est-à-dire des exercices d’application. Hélas, on a continué à travailler comme en temps ordinaire. Un cours magistral, des cahiers remplis et des élèves qui tentent tant bien que mal de prendre le train», analyse M. Meriane.

«Rembourrage» des enseignements

De nombreux parents d’élèves ont été dans l’obligation de se tourner vers les cours particuliers pour faciliter la reprise à leurs enfants. L’inspecteur Yacine Ouelmouhoub dénonce ce qu’il appelle le «rembourrage» des enseignements pour finir les programmes dans les temps impartis, et ce, loin de toute pédagogie adaptée, ce qui engendre beaucoup de stress et autant de difficultés d’assimilation pour les apprenants.

La tutelle, explique-t-il, a envisagé deux types d’enseignements dans les progressions annuelles qu’elle a élaborées : présentiel en classe et distanciel en ligne ; sauf qu’elle n’a rien envisagé, regrette-t-il, pour l’enseignement à distance, si ce n’est quelques «vagues recommandations sans réelles explications».

«Aucune stratégie pour ce type d’enseignement n’a été mise en place, ni formation adéquate des formateurs pour ce genre de pratiques en ligne. Certains enseignants, notamment ceux qui maîtrisent l’outil informatique, ont pris des initiatives personnelles pour communiquer avec leurs élèves.

Cela reste très minime, mais ce sont des initiatives louables qu’on doit évaluer, remédier aux éventuelles lacunes et généraliser», affirme cet inspecteur, qui invite la tutelle à tirer les leçons, à penser sérieusement à corriger toutes ces lacunes, à mettre un terme à «toute improvisation» et «établir une vraie stratégie pour parer à toute éventualité afin d’assurer la continuité de la scolarité dans des conditions optimales».

«Les autorités doivent faire confiance aux compétences et mettre en place un plan d’action capable de sortir l’école de son marasme. Sans vision, sans stratégie et sans planification, on continuera à tourner autour du pot et avancer à reculons», estime M. Ouelmouhoub.

Sur le plan organisationnel, ce dernier estime que les élèves qui étudient seulement la demi-journée se «réjouissent» des rythmes scolaires réduits et les enseignants ne se plaignent plus des surcharges des classes – pas plus de 23 élèves par classe au maximum –, par contre certains enseignants, dit-il, se retrouvent avec des emplois du temps chargés, dépassant parfois le volume horaire prévu par la réglementation en vigueur et dont les heures ne sont souvent pas comptabilisées comme étant des heures supplémentaires.

S’agissant de la polémique suscitée par la directive du ministère portant sur l’unification des dates des compositions, M. Meriane estime que la décision n’est pas du tout réfléchie.

Il est impossible, dit-il, pour un établissement ayant beaucoup de divisions de corriger les copies, faire la correction avec les élèves, reporter les notes sur les bulletins, faire les conseils de classe en 11 jours. «Il fallait laisser l’initiative aux établissements et que chacun agisse en fonction de son effectif», plaident les enseignants.

D’après ces derniers, les examens ne doivent pas être conçus comme un outil de sanction ou de récompense pour l’élève, mais un moyen d’évaluation des connaissances afin d’essayer de déterminer les causes ayant fait que l’enfant n’a pas assimilé ses cours et essayer de passer à une remédiation éventuelle. 


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