Covid-19

 Citoyens cherchent vaccin…



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Dédiés à l’enregistrement pour la vaccination anti-Covid-19, les deux Etablissements publics de santé de proximité (EPSP) des Annasser et des Sources, à Alger, ont enregistré un millier de personnes chacun. Alors que celles-ci sont toujours en attente, dans les deux plus importants CHU de la capitale, la vaccination se fait au compte-gouttes avec des ruptures de stock intermittentes.

Une journée très calme, hier, au niveau des Etablissements publics de santé de proximité (EPSP) Mohamed Bouchenafa, aux Sources et aux Annasser, à Alger, où se fait l’enregistrement des citoyens pour la vaccination anti-Covid-19. Alors que nous nous attendions à de longues files d’attente, à peine quelques personnes étaient présentes.

D’abord à l’établissement Bouchenafa, aux Sources. Rien n’indique que ce guichet d’accueil est dédié à l’enregistrement des personnes à vacciner.

Nous sommes trois à attendre notre tour. Le premier discute longuement avec l’agent. Devant nous, une dame retraitée, qui veut se renseigner sur la procédure à suivre. «Ma mère est âgée de 92 ans. J’ai très peur pour elle. Depuis le mois de mars 2020, je fais très attention à sa santé. Elle ne sort pas et moi-même, je prends toutes les mesures pour éviter que le virus ne pénètre à la maison. Etant médecin, au début, j’était contre la vaccination, mais après une année d’angoisse, je pense que je n’ai pas le choix. Je dois me faire vacciner et vacciner ma mère», déclare-t-elle, avant de se diriger vers le guichet.

Les mêmes propos sont tenus par un sexagénaire, qui vient de nous rejoindre. La dame repart, «rassurée», sans pour autant, nous dit-elle, savoir «s’ils vont nous appeler et dans combien de temps».

Au guichet, la préposée réclame notre carte d’identité. Elle reprend les informations sur le registre et nous demande le numéro de téléphone, nous apprenons que notre nom est le 42e sur la liste de cette journée. «Aujourd’hui, c’est un peu calme. Mais il y a des jours où la file d’attente est plus longue. Nous enregistrons une cinquantaine de personnes par jour depuis un mois. Nous en sommes à un plus d’un millier», explique l’agent d’accueil. Mais est-ce que la vaccination a commencé ?

La réponse : «Non ! Nous sommes toujours à l’étape de l’enregistrement. Une fois le vaccin disponible, nous appellerons les personnes inscrites pour qu’elles viennent par petits groupes se faire vacciner.» Cela va prendre beaucoup de temps ? Avec un large sourire narquois, l’agent lance : «Vous devez le savoir…»

La quarantaine passée, un homme s’avance : «C’est pour mon père. Il est cardiopathe et diabétique, si je l’inscris, va-t-il être vacciné ?»

La réponse : «Oui, mais je ne peux pas vous dire quand. Il y a déjà plus d’un millier de personnes sur la liste et d’ici l’arrivée du vaccin, il faut compter des milliers d’autres qui viendront s’y ajouter. Laissez-moi son nom et votre numéro de téléphone, on vous appellera lorsque son tour viendra.» Très déçu, l’homme réplique : «J’ai vu à la télévision que la vaccination a commencé…» L’agent : «C’est la télévision. Ici, notre rôle se limite à vous enregistrer…»

Nous quittons les lieux en direction de l’EPSP Mohamed Bouchenafa, des Annasser. Ici, le bureau d’accueil est vide. Pas de file d’attente. Nous sommes les seuls à nous présenter, au milieu de la journée. Nous déclinons notre identité, transcrite par la préposée au guichet sur un grand registre. «Vous être la 22e sur la liste», nous dit-elle.

« Patientez, il y a un millier de personnes avant vous qui attendent»

Une discussion s’en suit. Nous apprenons qu’aucune vaccination n’a été effectuée depuis le début de l’enregistrement. «Nous enregistrons l’identité des personnes et leur numéro de téléphone. Nous attendons que les vaccins soient disponibles. Pour l’instant, personne n’a été vacciné», explique  la préposée au guichet avant qu’une femme, un peu plus de la soixantaine, se présente. «Je suis venue pour me faire vacciner. Je suis diabétique et j’ai peur pour ma santé», lance-t-elle à la préposée au guichet.

Celle-ci réplique : «Donnez-moi votre nom et votre numéro de téléphone et après on vous appellera pour le vaccin.» Très étonnée, la dame tente d’en savoir plus. «Vais-je attendre longtemps ?» demande-t-elle et la préposée au guichet : «Je ne peux pas vous donner de réponse. Vous être la 23e personne à être enregistrée aujourd’hui (hier). Vous attendrez votre tour. Il y a une longue liste déjà préparée depuis un mois.» Nous revenons à la charge. Notre interlocutrice affirme que les citoyens ne sont pas très nombreux à affluer pour la vaccination.

«Hier (lundi dernier), il y a eu 48 personnes seulement qui se sont inscrites, et la veille, elles étaient 74. Au début de l’opération, nous recevions jusqu’à 92, 94 et parfois moins. Je peux vous dire que nous sommes à un millier de citoyens enregistrés  depuis le début de l’opération d’inscription, il y a un mois. Il n’y a pas de rush. Les gens sont encore réticents. Mais à ce jour, la vaccination n’a pas encore commencé, et nous ne savons pas à quel moment elle va démarrer», révèle notre interlocutrice.

Au moment où nous nous apprêtions à quitter les lieux, deux femmes, la cinquantaine, se présentent. L’une est venue faire vacciner sa mère, une octogénaire, cardiopathe, et l’autre, malade chronique, demande à être inscrite sur la liste. Les deux sont des enseignantes.

Elles aussi pensaient qu’elles allaient être convoquées incessamment pour être vaccinées. «Nous ne vaccinons pas. Nous enregistrons les personnes qui veulent le faire. Après, celles-ci seront contactées par téléphone pour un rendez-vous. Elles passeront une visite médicale. Les prioritaires sont les personnes âgées et les malades chroniques. Pour l’instant, la vaccination n’a pas commencé», leur explique la préposée au guichet.

Les deux dames semblent très déçues. «On va attendre combien de temps ?» demandent-elles et l’agent d’accueil leur répond : «Je ne sais pas. Le temps que le vaccin arrive. Vous attendez qu’on vous appelle. Patientez, il y a un millier de personnes enregistrées avant vous qui attendent.» Pendant, une heure, aucune personne ne s’est présenté.

La préposée au guichet discute au téléphone. Sa journée semble très ordinaire. «Vous voyez ! C’est très calme. La situation est gérable. J’espère qu’elle le restera lorsqu’on commencera à vacciner», nous dit-elle avant de se quitter.

Visiblement et contrairement au discours officiel, la vaccination des citoyens n’a pas encore démarré, faute de quantités suffisantes de vaccins. Les livraisons acquises et transmises aux différentes wilayas sont infimes et ne peuvent répondre aux besoins de la population. Les Algériens devront attendre encore de longs mois pour se faire vacciner, puisque les commandes n’ont pas été livrées.


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