Des volumes de pêche faibles pour des moyens en hausse

Les produits de la mer entre cherté et rareté



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Au même titre que les viandes rouges et les viandes blanches depuis quelques temps, les produits de la mer sont inaccessibles pour les petites et moyennes bourses. C’est le cas essentiellement pour les poissons les plus prisés comme la sardine. Les prix ne cessent en effet d’augmenter au grand dam des consommateurs désemparés par cette spirale inflationniste qui n’épargne aucun produit.

 

> Par Samira Imadalou

 

Les chiffres publiés mensuellement par l’Office national des statistiques (ONS) le montrent clairement. La tendance s’annonce dans la durée.

Ce qui risque de faire baisser encore le ratio moyen de consommation des produits de la pêche qui est déjà en dessous des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (entre 4,5 et 5 kg/ hab/an contre un standard de 20 kg/ hab/an).

Et pourtant, dans les discours, les responsables qui se sont succédé à la tête du secteur ont toujours mis en exergue les potentialités que recèlent l’Algérie dans ce domaine s’engageant à asseoir les conditions pour permettre au secteur de garantir l’autosuffisance en matière de pêche et de s’orienter même vers l’exportation. Ce qui n’est pas malheureusement le cas pour un pays qui possède une importante façade maritime sur une côte de 1600 kilomètres. Et pour cause, la production tarde à évoluer et à suivre la demande tant pour la consommation des ménages que pour la transformation industrielle.

Améliorer la gouvernance du secteur

Le volume de la production a en effet stagné autour de 100.000 tonnes par an. Ainsi, après une année exceptionnelle en 2006 avec une production halieutique qui avait atteint les 160.000 tonnes, les chiffres sont repartis à la baisse ces dernières années pour se stabiliser autour de 100.000 tonnes même s’il y a eu un léger bon entre 2018 (120.000 tonnes) contre 102.0000 tonnes en 2016.

Des résultats qui sont loin d’être en équilibre avec les moyens mis pour le développement du secteur. Paradoxalement, le niveau de la production n’a pas suivi celui des efforts financiers qui se sont traduits par l’augmentation du nombre de navires de pêche. Ce dernier a plus que doublé passant de 2500 unités à 5800 unités, dont 62% fonctionnels, selon les chiffres officiels. Ce qui laisse supposer que le problème est beaucoup plus lié à la gouvernance maritime et c’est ce que les spécialistes ne manquent pas de souligner (lire entretien de Samir Grimes).

Les partenaires de l’Algérie le rappellent également. «L’’expérience de l’Union européenne montre qu’une gouvernance concertée avec tous les acteurs de la filière est une condition indispensable pour l’efficacité de toute politique maritime. D’ailleurs, ce n’est que dans un cadre pareil que des réponses innovantes peuvent être recherchées et testées, par exemple pour offrir d’autres perspectives économiques aux communautés de pêcheurs», nous explique la délégation de l’UE (DUE) en Algérie.

Donc, porter le niveau des production halieutiques à 166.000 tonnes et la création de 30.000 nouveaux emplois dans le secteur, comme préconisé dans le programme du gouvernement et mis en exergue par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune passe par l’amélioration de la gouvernance de pêche.

Les propositions ne manquent pas à ce sujet. Le programme en question mise, à titre indicatif, sur la remobilisation des moyens existants intra et extra sectoriel, en associant les partenaires publics et privés, sur la recherche des modes de diffusion et d’amplification des actions. Et ce, à partir des pôles d’excellence des filières des productions halieutiques, en impliquant l’ensemble des acteurs concernés, et enfin sur l’amélioration de la formation pour répondre aux besoins du secteur.

L’appui de l’UE

Il s’agit, par ailleurs, de renforcer la formation qualifiante, de faciliter l’accès des investisseurs au foncier, d’assurer un environnement économique débureaucratisé à travers la mise en place d’écosystèmes entreprenarials permettant un accompagnement total pour la création de micro-entreprises et de PME et la prise en charge sociale des marins, ainsi que le développement d’une capacité nationale de pêche au grand large.

Ce sont autant d’actions retenues mais qui nécessitent un suivi rigoureux de la mise en œuvre sur le terrain. Mais aussi d’un savoir-faire. Pour cela, justement, l’Algérie bénéficie d’un appui de l’UE qui financera un programme d’appui à l’économie bleue en Algérie avec une dotation de 22 millions d’euros. L’UE dédiée à la stratégie nationale, dédiée à l’économie bleue (SNEB) par la mobilisation d’une équipe d’experts nationaux et internationaux pour accompagner le ministère de la Pêche et des Production halieutiques (MPPH ) via des consultations approfondies au niveau central et dans les wilayas côtières du pays, en associant l’ensemble des acteurs.

Objectif : aboutir à une économie bleue en Algérie. Jusque-là, selon la délégation de l’Union européenne à Alger, le processus d’élaboration de la SNEB-2030 a vu une véritable implication pluri-acteurs dans toutes les wilayas côtières. «La mise en œuvre devra donc suivre avec la même dynamique», prévoit-on à ce niveau. «L’Algérie et l’UE sont signataires de la Déclaration «MedFish4Ever», qui nous engage à œuvrer pour que l’exploitation commerciale des ressources halieutiques reste guidée par des principes et pratiques de durabilité sociale et environnementale», nous rappelle-t-on encore du côté de la DUE.

Et d’ajouter : «Nous travaillerons ensemble à une approche qui intègre l’animation économique, le développement local, la recherche/innovation, et aussi le contraste aux pratiques de pêche illicites.» Un contraste qui sera toujours un élément important de la coopération UE-Algérie. «La pêche illicite, non déclarée et non réglementée appauvrit les stocks de poissons, détruit les habitats marins, fausse la concurrence au détriment des pêcheurs honnêtes et affaiblit les communautés côtières», estime-t-on à la DUE.

Il s’agit en fait d’assurer la durabilité des ressources halieutiques qui est un phénomène qui touche toutes les régions de la même manière, notamment la Méditerranée. A titre indicatif, en Algérie, le volume de la pêche non déclarée oscille entre 20.000 et 25.000 tonnes. En plus d’échapper au circuit formel, ce volume échappe également au contrôle sanitaire.

 

 

Aquaculture, une alternative mais….

La filière de l’aquaculture, marine ou en eau douce, a vu le lancement de plusieurs projets au cours de ces deux dernières décennies. De 3 en 2010, le nombre des fermes marines est passé à 33 actuellement contre 39 fermes d’eau douce. Le gouvernement dans le cadre de son plan d’action envisage de porter ce chiffre à 72. Il s’agit en fait d’augmenter la production aquacole à 150.000 tonnes en 2025. Une production qui était pour rappel de l’ordre de 1700 tonnes en 2016 avant d’atteindre 5200 tonnes en 2018 et qui essentiellement concentrée sur la daurade et le loup de mer, deux produits cédés actuellement sur le marché autour de 1000 DA le kilo. Avec la raréfaction des ressources halieutiques, la tendance est de plus en plus aux produits issus de l’élevage. D’ailleurs, à travers le monde, un poisson sur deux destinés à la consommation humaine provient de l’élevage. Le cap n’est pas encore franchi en Algérie ou les freins à l’investissement persistent et où les conditions sont loin d’être favorables, dépendantes des importations du granulé, aux alevins, passant par l’aliment du poisson.


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